Culture

"Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libre." De La Boétie. 1546.

Les Libertés civiles en danger... En évoquant le mot Liberté, on ne peut s'empêcher de songer à Montesquieu et notamment à Alexis de Tocqueville dont cette acception suscita, chez ces deux penseurs issus des Lumières, des réflexions mûries à la clarté de leur expérience qui ne nous a guère servi... A son retour des Amériques, Tocqueville est inquiet sur l'usage de la démocratie que les américains pratiquent avec des risques forts d'en perdre le contrôle absolu. Montesquieu, lui, souligne le danger de la prise de tous les pouvoirs, du moins leur concentration en une seule entité, privant ainsi les peuples de la liberté d'agir selon les concepts démocratiques aristotéliciens : le référendum permanent ! Depuis que la démocratie existe en France, il ne fut jamais adopté, puisque les pouvoirs de décisions sont conférés au président de la République qui applique une politique (sa politique) quelque peu oligarchique. Les deux philosophes appréhendaient la démocratie avec prudence, ayant sans doute pu évaluer les conséquences d'une gestion encline au détournement de ses concepts. Les dernières décennies de notre histoire contemporaine nous laissent un témoignage suffisamment riche en expériences politiques pour savoir exactement ce que les peuples désirent exactement ! Après la conquête héroïque des libertés individuelles octroyées au compte goutte, de façon à ne pas tout restituer d'une seule voix, celles-ci font l'objet, à nouveau, de restriction dans le domaine de leur utilisation astreinte à des lois iniques ! Est-ce une révélation ou bien une annonce faite aux populations déjà extrêmement surveillées. Il s'agit, cette fois-ci de haute surveillance ; finis les indics, les balances, les voisins délateurs, rédigeant des mains courantes, les dépositions erronées, les faux témoignages, les coups de téléphones et autres moyens de communications classiques. Le net, bien que sous l'œil vigilant des services de sécurité, va devenir le lieu de prédilection des hautes instances secrètes des états ! On savait que nos emails étaient lus, que les choix de direction de recherche étaient répertoriés par les mêmes services pour déterminer la personnalité de chacun. Fichés, répertoriés et en permanence surveillés !Maintenant, il faut comprendre que nos paramètres de connexion vont être et sont déjà exploités à l'encontre de notre propre décision relative à la liberté individuelle. Comment interpréter cette situation ? Par le commencement de la fin des libertés individuelles elles-mêmes. Jean Canal.

Panem et Circenses. La culture glisse lentement vers une abyssale conjecture de quiproquos intellectuels qui lui assignent une ordonnance sociale décharnée des références classiques jetées au dévolu de la modernité, sans cesse recomposée ! Elle n'apparaît plus que chez les exégètes de l'art littéraire, celui qui puise ses ressources dans les arcanes de l'histoire relativement à son existence. Diminuée au possible des exigences économiques qui la recalent aux registres des vertus obsolètes de l'éducation, la culture occupe cependant une place prépondérante dans les sociétés des genres qui lui reconnaissent une valeur contemporaine indéniable dans le monde des affaires. Devenue donc produit de vente primeur, la culture populaire se développe dans les villes de sorte à entretenir une indolence individuelle chez chacun des acteurs de cette immense scène jouée en collectivité. La culture adoucit les mœurs, les calme et les maintient dans une inanité intellectuelle conforme à l'esprit politique d'un pays. Jean Canal. 12 août 2018.
"L'eau et les rêves" de Gaston Bachelard.
Le philosophe est assis derrière son bureau, chez lui, dans un appartement modeste de la capitale parisienne. Légèrement atteint de surdité, il fait répéter les mots à son interlocuteur. Sa longue barbe blanche semble couler comme une rivière. Ses cheveux hirsutes lui confèrent les aspects du penseur livré au processus du temps. Il a le visage de l'intelligence intellectuelle qui caractérise les êtres ayant reçu la félicité de l'esprit et la grandeur de l'âme. Nous sommes dans les années cinquante, moribondes. Il n'enseigne plus, a écrit la plupart de ses livres et se prépare à entrer dans la postérité. Un reportage lui est consacré, avant qu'il ne disparaisse. Le journaliste qui l'interroge, lui demande s'il faut l'appeler "maître"? "Non, non, c'est fini", lui répond l'illustre philosophe qui s'est attaché durant toute sa vie à étudier les relations  existantes entre les éléments naturels et l'être. Les ouvrages d'étude de la psychanalyse qui sont signés par le maître, s'insinuent au plus profond des remous sensoriels de la nature humaine. On songe à Mahler, un autre grand élu de la composition symphonique, lequel s'imprégna de la nature pour créer. Là, où d'aucuns y percevraient une banale atmosphère de montagne épurée, ancrée dans ses ressources originelles, recouvrant ainsi ses propres beautés naturelles, d'autres, enclins à une vision transcendant le présent, au-delà des concepts stéréotypés de l'analyse hégélienne et surtout très loin des turpitudes contemporaines, y ressentent une profonde sensation de relation avec l'imaginaire dont ils extraient la force créatrice ! Toute la puissance de cette interprétation repose sur les éléments qui composent l'entité de l'être, lesquels produisent l'inspiration nécessaire à la composition, à la création et l'imagination ; qu'elle soit poétique ou musicale, ou bien versée dans une toute autre forme d'art. Ici, seul le violoncelle conviendrait pour une telle occurrence...princière et magistrale en une mélancolie spirituelle... s'approchant du Spleen baudelairien. Jean Canal 19 septembre 2011.
Les lignes dans l'espace temporel. Quel sens donner à l'art dans sa perspective géométrique présente en  toutes œuvres, que ce soit  de la plasticité des modèles modernes issus du Contemporain ou bien de cette forme figée par les courants classiques inscrits dans les successives époques qui l'ont sanctionné, en éprouvant des méthodes révolutionnaires, (Duchamp), ou bien relevant du génie (Picasso) s'agit-il de l'Art ? Son expression est toujours sujette à caution, dirions-nous, en ce sens, notamment, que sa qualité repose sur l'appartenance à une valeur propre à l'artiste, véhiculée à travers une intuition toute personnelle en formulant bien souvent dans l'abstraction de la composition organique de son chef-d'œuvre, si tant est qu'il en fût reconnu comme tel, sa définition ! L'application de traits géométriques élaborés dans l'espace circonscrit sur une surface donnée répond-t-elle aux limites de l'exploitation de la composition qui confine elle-même aux capacités d'exigences de l'inspiration ? Et si l'artiste achève son travail à un moment donné quand il considère l'œuvre terminée, satisfait-il entièrement cette volonté de dépeindre un thème qui restera éternellement informel dans sa finalité, mais fini pour l'art ? !
Au même titre que l'écriture sa consœur, les limites se manifestent à un moment donné de la création dont l'artiste (ici pris au sens large) a besoin pour mettre en œuvre son dessein. Il faut en finir avec la création qui eut une fin échelonnée sur sept jours, comme le précise la Genèse. A l'instar de celui qui se veut le père de toute chose, à son image près, l'artiste est-il le reflet de lui-même ou l'incarnation de l'autre : celui qui lui insuffle son œuvre magistrale dans ce fait de passer le seuil de la postérité !    Jean Canal, "Réflexion spontanée sur le dessin composé." 09/07/2011.
Adorno et la "Théorie esthétique." Essayer de disputer des œuvres d'Adorno c'est prendre des risques d'interpréter les réflexions du maître, de façon erronée, en sorte que l'on risque de ne pas saisir et pourquoi pas comprendre ce que ce génie veut insuffler à la raison. Je me risquerai donc dans une dispute littéraire à travers laquelle je trouverai ce que je cherche depuis toujours : la connaissance !
« D’emblée, il faut bien concéder que s’il existe un domaine où la connaissance progresse par strates, c’est bien l’esthétique ». Cette phrase tirée de son ouvrage précité en amont de ce paragraphe, jette la réflexion dans l'abime de la pensée : la mienne ! Sortie de son contexte, dirait un professeur de philosophie dérogeant au savoir qu'il enseigne, comme il en existe tant dans le monde de l'enseignement, on ne peut donner une signification propre à cette assertion ! C'est tout le propre de la philosophie : repenser ce qui l'est déjà ; remettre en doute tout ce qui est énoncé comme étant relativement vrai et reçu comme tel ! Bref ! A mon niveau qui se situe dans la sphère de la curiosité esthétique, je me contenterai d'interpréter ce que Adorno à infirmer dans un domaine qui est particulier à son savoir ! Pour ma part, lorsque l'on évoque "l'esthétique", mon esprit se remémore les grecs anciens, Platon plus particulièrement qui en abusait avec outrance, jusques au "Banquet" que vous avez tous lu, bien sûr !
Il s'agit, cependant, de l'art chez Adorno. Cela tombe bien, l'art me plaît ! Et la suite du récit le confirme : « toute compréhension d’œuvre est essentiellement un processus. »  Transposant l'esthétique artistique d'Adorno à celui de la femme, je rentre dans un contexte qui va me falloir adapter à la comparaison esthétique de l'œuvre que je vais faire. Adorno explique que l'art doit être disséquer par la compréhension avant d'être dévoré par les yeux. C'est tout le contraire qui s'applique à la femme qui attire par son esthétisme, fût-il d'un ordre mineur dans la beauté sensée être diffusée. Selon le maître, l'art exige une analyse pour attester de son authenticité. En est-il de même pour la femme dont l'esthétisme égare souvent de l'essentiel demeurant en elle. Que cela ne prive pas l'œil de la beauté esthétique qui, toute relative soit-elle, joue une part importante dans le relationnel de l'amour.
L'œuvre belle cacherait-elle une laideur insoupçonnée ? Oui ! dirais-je. Celle de la personnalité caractérisée par laquelle l'entité de l'être s'affirme. C'est ici que Plotin entre en lice pour faire l'éloge d'une autre beauté, singulière qui ne correspond point à celle que Adorno s'évertue de démontrer, comme étant le propre de l'esthétisme. Plotin remonte (anabainein) vers le cœur de l'âme, dirais-je, afin d'y découvrir la vraie beauté ! Est-elle chassée de tout esthétisme ou alors est-ce l'esthétisme de l'âme qui lui revêt les aspects de sa singulière et véritable beauté ? Je ne me risquerai point à répondre, mais seulement à me positionner vers la seule réponse qui puisse y avoir...   Jean Canal réflexion pour moi-même ; nuit du 1er juin 2011. Les citations sont tirées de l'ouvrage en titre.
La culture design. C'est avéré ! La culture et le design se mêlent et se confondent harmonieusement autant, si ce n'est mieux, que la Rhétorique et la Sophistique, que dans le vocabulaire des dirigeants politiques, et, notamment, de ceux qui nous dirigent! L'art du beau, révélé à travers l'œuvre contemporaine des exposants de déballages artistiques, se fond dans la forme que les nouveaux concepteurs  valorisent ! Cette nouvelle tendance qui naquit avec Marcel Duchamp, snobe l'application platonicienne de l'art qui cultive le beau dans l'espace géométrique ! Vendue à plusieurs millions d'euros, une œuvre reposant sur la seule idée de l'artiste l'emporte haut la main, chez les nouveaux riches du matérialisme  avant-gardiste ! Cette nouvelle forme conceptuelle de l'art s'inscrit dans l'esprit général de toute une certaine société qui converge vers un point de vue résultant de l'interprétation de la culture. Mi artisan, mi artiste le nouveau concepteur de cet art se cherche plutôt qu'il ne trouve !
Critique générale sur la dévalorisation du concept de présentation de l'art. Nous pouvons d'ores et déjà parler d'immobilisme dans l'art conceptuel qui confine à la fin de son application ! Héritier d'Arman, de Pommereulle et les autres, cet art inscrit dans la contemporanéité au sens présent, ne parvient plus à innover dans sa présentation ; c'est le manque de concept qui le rend inerte dans son expression morte, au titre des natures photographiques qui se cristallisent dans les galeries. Hélas ! une nature morte évoque une vie en mouvement : lumières, ombres, reliefs, perspectives composent l'œuvre pour lui restituer son entité première, celle qui incita l'artiste à la sacraliser dans son fait !  Pensée du soir, Jean Canal 15/03/2010
La culture de la culture. Au même titre qu'un simple billet de spectacle, la culture à un prix qui est fixé selon des critères d'excellence que le mécénat accrédite en les finançant. Pour statuer sur un thème culturel, il faut qu'il en soit doté ! C'est sur cette référence que la culture se fonde pour octroyer son titre au sujet qui y répond ! Le cinématographe qui n'est pas en reste produit du film à sensation grand public, industrialisant ainsi ce septième art tombé dans le registre de la consommation ! Depuis l'avènement de la culture officielle, vers le milieu du VIII° siècle, avec la dynastie des Carolingiens, la culture, en France, n'a cessé d'être au service de propres desseins monarchiques puis politiques. Elle s'inscrit, désormais, dans une consommation régulière et quasi quotidienne de produits issus de thèmes culturels médiatisés. S'étant considérablement multipliée, pour le bienfait de tous, la culture inclue de vastes domaines, comme la musique, la littérature, l'art, la religion, la politique et le sport... pour n'en citer que quelques uns. Ses origines culturelles étant tombées en désuétude, la culture s'est paradoxalement réduite avec l'amenuisement de l'enseignement qui ne dispense plus le savoir originel de la culture... La  culture de cette nouvelle culture se définit par une attitude systématique en faveur de tout comportement lié à de la créativité ! Reconnu comme un acte culturel, la créativité est prise au sens le plus large, puisque le foot est considéré comme de la culture. Il est aisé de saisir la subtilité de cette démocratisation... culturelle qui répond à une demande exhaustive... de... culture ! Quant à la culture qui appartient à une identité propre à chaque civilisation, elle est de plus en plus absente, qui de l'éducation, qui de l'instruction ! Les manuels scolaires la survolent à travers des programmes réducteurs de conscience ! Elle ne repose point sur une espèce d'acquisivité qui tend à une assimilation de concepts institutionnels aux fondements historiques ! Non ! C'est une ouverture d'esprit qui mesure à l'aune du savoir la connaissance de l'humanité pour en extraire sa quintessence ! D'où la vulgarité de nos civilisations contemporaines livrées aux barbarismes culturels que nous subissons indolemment ! N'étant toujours pas l'apanage des classes sociales favorisées qui cultivent le paraître à outrance, la Culture, celle qui demande des efforts répétés d'intellectualisme, au sens cartésien du terme, s'entend !, revêt la configuration la plus affinée qui soit ; en ce sens qu'elle ne peut souffrir d'imperfection dans sa conception ! Elle ne s'acquière point par la négociation de biens matériels, elle réside bel et bien dans cette compréhension de la beauté spirituelle qui est en elle !
 Mythe et raison. Distinguer le vrai du faux ou raisonner. Tel est le principe par lequel le discernement opère pour différencier deux concepts antagonistes. Dans la politique, puisque là est le sujet qui nous intéresse, la raison sert la vérité qui répond positivement aux questions que le lectorat se pose et dont il entend résoudre les problèmes par les réponses, évidemment, positives qu'il obtiendra, ou du moins qu'il espère obtenir ! L'exemple le plus significatif qui dans l'histoire de la pensée a permis de réfléchir sur sa définition, est "l'allégorie de la caverne" de Platon. Le monde visible en est donc perçu tel quel, sans en imaginer la possibilité qu'il pût en exister un autre... et donc de concevoir le monde autrement qu'il nous apparaît devant les yeux. Il est évident que l'intérêt des dictatures qu'elles fussent du prolétariat ou bien d'une élite extrémiste, se sont efforcées de maintenir les peuples dans la vision de leur conception sociale des idées ! Tant que les moyens de diffusion de l'information étaient tenus par les pouvoirs, les esclaves de la caverne ne doutaient pas qu'il pût exister ailleurs une autre forme de vie meilleure que la leur ! Désolé pour les communistes, mais l'URSS stalinienne ne fut pas un exemple de liberté populaire vouée à épanouir les masses libérées par un pseudo progrès ! Il n'en fut pas mieux sous d'autres régimes, en Europe notamment dont nous connaissons les conséquences sur une population décimée uniquement pour sa religion ! La liberté qui advint au fil des conquêtes sociales et des révolutions populaires, bourgeoises et paysannes a traduit la volonté des peuples de s'autodéterminer en exprimant paradoxalement le désir de l'individualité libérale ! C'est cette forme de société que nous adoptons dans un système de dépendance qui nous crée des besoins pléthoriques. Ayant accédé à l'épanouissement personnel moyennant l'utilisation des produits disponibles dans ce système, nous sommes responsables  de notre choix qui découle du "raisonnement" que nous avons opéré en amont de notre décision.  L'état actuel des choses, c'est-à-dire de la situation générale de notre condition, nous révèle que notre façon de raisonner n'a pas donné raison à la réalité qui s'éclaire à la lumière de la vérité ! Deux acceptions qui donneraient à l'homme toute l'intégrité de sa raison d'être : vérité et connaissance ! Ces deux valeurs qui ne furent presque jamais appliquées, si tant est qu'elles fussent capable de l'être, ont mythifié la raison en la dotant de pouvoir de décision absolue. Jean Canal 10/03/2010