Les Historiettes

By | 2 janvier 2021

MAISON CLAUSE

J'avais rendez-vous dans un établissement d'état pour un cocktail de fin d'année avec le patron de la boîte. Ce dernier avait organisé une collation entre gens de même classe, voulant tenir à l'écart ses subordonnés qui s'étaient distingués tout au long de l'année par des attitudes grotesques, des comportements relevant de la débilité mentale que les médias avaient su exploiter pour accroître leur audience. Le patron me fixa un horaire oscillant entre 11h et 12h 30mn. C'est généralement dans ce laps de temps suffisamment long que les fonctionnaires de l'entreprise s'accordent quotidiennement une pause apéro ! Soucieux d'honorer un rendez-vous de cette importance qui me permettrait de diffuser chez tous les confrères de presselibre.fr et presselibre.info ce genre d'événement très recherché en une période où le cumul des bévues dépasse les normes, je frémissais à l'idée de jouir de la situation. 11h 15mn, je me rends sur les lieux et à ma grande stupéfaction, le rideau de la boutique est tombé ! Je jette une œillade à l'étage, personne dans les bureaux. Inquiet, je sonne au portillon qui permet de filtrer les entrées par une caméra de surveillance. Personne répond ! Je fais le pied de grue sur le trottoir durant une bonne dizaine de minutes. A ce moment-là, une jolie femme s'arrête à ma hauteur et discrètement s'approchant de moi, me lance à brûle pourpoint :

-"combien ?!" Je lui demande : -combien quoi !?" -Eh bien, continue-t-elle, combien une heure passée avec toi au plumard, mon poulet !"

Je compris alors qu'elle me prit pour un de ces fonctionnaires de la Maison devant laquelle je patientais. Répliquant aussitôt, je prends le dessus sur son injonction quelque peu cavalière pour une gonzesse de belle allure dont le nichon et le fessier se conformaient à une harmonie du corps rarement rencontrée en nos ruelles toulousaines -aucune allusion à ce que vous pourriez imaginer- 

-euh..., exprimai-je dépité par cette proposition inopportune en cet instant. Là pour l'instant, je n'ai guère de temps à vous consacrer à cette heure d'une matinée finissante prématurément à mes intentions de réaliser un reportage dans la dite maison ! Ne pourrions-nous pas remettre cette urgence féminine à une heure beaucoup plus tardive dans la nuit ? Mes obligations professionnelles m'empêchent, momentanément, de disposer de mon temps à gré ?

-Non ! Impossible ! J'ai une envie pressante d'assouvir un désir suscité par votre allure, et vous comprenez que ces choses-là ne peuvent se traiter hors situation ! Ca me démange, comprenez-vous..!"

A ce moment-là, le concierge de l'immeuble apparaît, vêtu d'un uniforme flambant neuf, et ouvrant le petit portillon, m'apostrophe véhémentement : "C'est vous qui sonnez depuis un quart d'heure en appuyant sur la sonnette comme un sourd ?!

-Euh... Oui ! J'ai rendez-vous avec le chef d'entreprise pour... M'interrompant, il rétorque sur un ton martial :

- L'entreprise est définitivement fermée !  Le bilan de l'année a été très mauvais et tous les employés ont été licenciés, pour fautes graves !" 

Jean Canal 30 Décembre 2020.