JANVIER 2022

« La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. » Critique d'Art. La modernité. Charles Baudelaire. Salon de 1859. En préambule des critiques artistiques qui ne manquent point de déroger à cette remarquable assertion littéraire de Baudelaire, cet extrait issu des critiques artistiques auxquelles s'adonnait Charles Baudelaire, suite aux visites des salons consacrés aux expositions d’œuvres présentées, pose la problématique de l’appréhension de l'art lui-même, à dessein d'en concrétiser sa réalisation, et cela quelle que soit la forme qu'il adopte pour se formaliser dans sa conception initiatique. Il faut croire que de tout temps, les artistes se sont évertués d'accomplir leur dessein en reproduisant une réalité inspirée par l'imaginaire reflétant une image de la réalité. La signification importe peu, à vrai dire, dès l'instant que son auteur trouve une réponse à l'interrogation profonde à laquelle il essaie de répondre afin de réaliser une œuvre correspondant à son imagination. Critique de l'art Jean Canal

La critique littéraire n'eut cesse de s'autocritiquer au fil des deux derniers siècles derniers, plus particulièrement avec Sainte-Beuve dont Proust en fit un ouvrage (à lire). Baudelaire, itou, devint un référent dans la critique tout droit adressée à des auteurs choisis pour leur talent. Néanmoins, Diderot dont je vénère l'analyse incisive, dans le domaine de la peinture (l'accordée de village de Greuze), se place parmi le bonnes critiques de son siècle. Voici quelques extraits de critiques L'art littéraire   /  De la littérature  à retrouver sur le Blog qui leur est attribué. Jean Canal. 30/01/2022.

   ALLEZ ! ALLONS AU CINÉMA :"LE JEUNE AHMED" des frères Dardenne Critique

Avec « Le jeune Ahmed » (1h 24mn suffisent amplement à nous expliquer le pourquoi du comment de la chose nommée), les frères Lardenne peignent une fresque sociale dont le thème exige de l'adresse en ses descriptions sociologiques. On peut très vite glisser dans la caricature, lorsque le cinéma traite ce genre de sujet qui demande une grande perception intellectuelle, voire faire preuve de perspicacité intuitive développée...{Ce qui, par parenthèses, n'est pas évident chez d'aucuns qui se targuent d'une critique es lettres surannée...}. Le stéréotype, donc, apparaît à peine perceptible tellement la contractualisation de ce phénomène est évidente, au regard sociétal. Cette vertu est acquise chez eux qui thématisent certains actes de l'actualité, recevables dans la rubrique des faits divers. La radicalisation de l'extrémisme djihadiste chez les plus vulnérables, en est le sujet. Le titre annonce le film qui ne dément point son intitulé. Renier une éducation occidentale au profit d'une religion identitaire qui rappelle le musulman à son devoir envers l'islam. Rien d'autre ! L'application des préceptes religieux pris au pied de la lettre, en abandonnant définitivement la mauvaise éducation inculquée par un mimétisme occidental fondé essentiellement sur la consommation et faisant une place modique à cette religion marginalisée, au demeurant stigmatisée au sein des communautés qui la représentent. Les moyens pour un retour aux sources reposent dans la lecture exégète du coran conduite sous le regard mal-veillant de l'imam qui oriente la pensée vers cette radicalisation meurtrière. « Le jeune Ahmed » en est à la fois la victime spirituelle et le coupable social, favorisé par son jeune âge enclin à l'influence islamiste, particulièrement. Primé à Cannes cette année, cette fresque contemporaine dont les conjectures idéologiques, très complexes, inquiètent la société se veut évocatrice des problèmes de fond auxquels les politiques ne purent ou ne voulurent point répondre, attribuant à ce phénomène une attention mineure dans l'intention profonde des individus concernés, et cela quand il en était encore temps. Cette radicalisation-ci tire un trait décisif sur l'occident diabolisé pour sa décadence sociale attentatoire à la reconnaissance de l'islam, comme culture de référence (la Charia prise de façon intrinsèque, comme loi inaliénable à cette religion -paradoxe avec l'esprit démocratique de l'Europe) ! Le meurtre de l'impie, désigné comme tel, inscrit le djihadiste dans la reconnaissance religieuse de l'islam, ainsi poussé à l'extrême. Un seul regret cependant dans ce film qui maintient le suspens jusqu'au bout, tout en s'immisçant pertinemment dans le contexte privé des clivages sociaux impactés par ce fléau, une fin inattendue, montée en queue de poisson, sans doute voulue par les auteurs du film qui signent ainsi une réalisation remarquable, complétant leur œuvre cinématographique exceptionnelle. La salle était vide à 98%. Jean Canal. 23 mai 2019.

LA GALERIE CACHEE                         

Une espèce de règlement de compte avec l'Art qui ne répond plus ou pas aux règles d'or de l'esthétisme. On aura soin de préciser que toute forme conceptuelle admet néanmoins une harmonie dans sa représentation artistique. Quelle que soit la nature de sa conception, l'oeuvre doit répondre aux aspirations les plus profondes de l'esprit ; pour ne pas dire de l'âme qui se rapprocherait plutôt de la définition de Kandisky : "de la spiritualité dans l'Art." Jean Canal.
PHOTOGRAPHES ART & FACT. C'est le sigle de l'association d'artistes du pays d'Arles. L'exposition a lieu jusqu'au 5 mai dans la Chapelle de la Charité. De quelle forme artistique s'agit-il, précisément ? Disputant l'idoine signification de ce que incarne l'art contemporain en comparaison à l'art moderne ou encore l'art conceptuel, les exégètes en la matière s'en disputent toujours la dénomination exacte, afin de classer les formes en vigueur qui se veulent représentatives de l'idée, effectivement conceptuelle au départ de ce qui ne fut qu'une ébauche native baudelairienne au fond de la pensée de l'artiste. En Arles, l'art s'expose toute l'année donc ! La moindre surface de mètres carrés disponibles accueille, autant que faire se peut, des expositions en tout genre, demeurant dans la circonspection de la culture plasticienne, notamment ; même la photographie de juillet n'y réchappe point. Il vous reste trois jours pour découvrir ce qui mérite d'être vu... à Arles, au lieu indiqué ci-dessus. Jean Canal. 
La critique d'une façon générale se doit d'être concise au possible de sa propension littéraire, en ce sens que la connaissance de l'œuvre doit dépasser celle de son auteur qui la ramène à un égocentrisme déroutant. La critique s'enrichit également de l'avis de l'admirateur qui va se perdre en élogieux compliments sans pour cela déterminer ce qui fait d'une œuvre qu'elle est majeure. Laurent Danchin donne une définition de l'Art contemporain axée vers la justesse de l'analyse. Comme tous les critiques qui versent dans ce genre de thème, le paradoxe permet à celui qui en use avec circonspection de rapprocher les idées antinomiques afin de confiner aux abords de la vérité ; toute relative soit-elle, s'entend ! Jean Canal.

"Sans Titre" L'ouvrage mit en évidence dans la colonne ci-dessous, se veut un simple essai à réécrire pour des raisons évidentes d'évolution artistique dans ce que les exégètes appellent "l'art contemporain" à distinguer de l'art moderne dont il faut savoir dissocier la composition ! Ce n'est pas forcément l'époque qui en ferait la différence, puisque des œuvre du début du siècle dernier, s'inscrivent dans la contemporanéité de la fin du siècle. En déduire une explication relève d'une opération de l'esprit qui anime encore et toujours cet âme suspendue au-dessus du corps. Kandinsky ne s'est guère égaré dans sa critique. Jean Canal.

Abattoir Toulouse

Les murs se recomposent de cet art virtuel amené à disparaître, incessamment sous peu, selon la formule. A peine réalisée, l'œuvre est d'ores et déjà en sursis ; sa vie étant écourtée, il faut absolument la prolonger dans la postérité des mémoires artistiques de la Rue ! C'est là que la photographe prend le relai. Vaste sujet s'il n'était pas hors frontières de normes conceptuelles qui ne le définissent plus, exactement, précisément dans sa position artistique ! Parti dans tous les sens : ceux de la sensibilité ? Cet art-ci échappe-même au jugement dernier qui en ferait une oeuvre majeure dans la hiérarchie que lui reconnaît son institution. Les auteurs cités en référence aux différentes critiques sur son compte, les meilleurs s'entend dont nous ne faisons pas encore partie, ne firent que parachever son oeuvre au coeur même de sa réalisation, pour une fois aboutie ! L'art contemporain ne mérite qu'un seul jugement : celui de l'abnégation de son existence ! Ephémère ou bien inexistant, il est là ! De plus en plus nombreuses sont ses tentatives d'exprimer la réalité qui le fait vivre, sous toutes les formes possibles en utilisant tous les matériaux susceptibles de l'incarner !
Le Nouveau Réalisme au XXI° siècle occupe-t-il une place dans le vaste champ de production, de création au sein de l'art contemporain ?Jean canal. Dimanche 21 mai 2017.

  Et son incarnation n'est autre que le personnalisme qui à travers son entité transcende l'existentialisme maladif de chaque artiste ! Certes, la névrose les habite ; mais sous une forme édulcorée illustrée par le talent : les oeuvres loupées appartiennent à des victimes sociales ! Elles ont échoué par manque de conviction, de certitude et d evolonté de tout sacrifier, eux y compris, à l'Art ! Nous l'avons déjà écrit sur ce site, l'oreille coupée de Van Gog est le symbole premier de cette décadence de l'esprit qui hante l'artiste en gestation, craignant d'avorter de son oeuvre. La maïeutique platonicienne prend ici tout son sens ! Et nous prenons comme exemple mille fois maladroitement cité et emlyé : Paul Cézanne demeure cette symbolique de l'esthétisme informel que le génie lui consacre. Jean Canal.
Il s'agirait, donc, de tirer une conclusion sur la littérature d'aujourd'hui, et bien que les Critiques ne manquent pas en la matière, je ne vois qu'un seul auteur qui pût en son temps apporter une incisive réponse aux questions que suscitent les nouvelles lettres françaises au sujet des œuvres littéraires actuelles. On peut, néanmoins, envisager le sujet d'une manière tout à fait différente en ce sens que la critique se doit d'être une imparable démonstration de faux et usage de faux, écartant ainsi les quiproquos qui pussent surgir d'un auteur mineur subrepticement empreint de spéculation littéraire au sein d'œuvres majeures, lues et étudiées au fil de lectures exhaustives !  Lire la suite. De la Littérature, aujourd'hui. Il eût été prétentieux, au pis hautain, de vouloir émettre des critiques sur la littérature contemporaine, du moins sur cet intitulé qui se veut ainsi désigné par une intelligentsia obsolète, au demeurant de prétentions insolentes à dessein de prétendre au titre que l'on dispensait, jadis, à ceux qui avaient fait leurs Humanités, comme l'entendait Diderot ! Hélas ! Des Lettres, il ne demeure, désormais, que celles qui ne reprennent point ce qui fut déjà écrit en amont de cet art grandiose qui ne souffrit point d'inconséquence scripturaire dans une écriture linéaire, obviant selon l'esprit vers des entraves à l'éthique ; bien écrite, elle se doit d'honnorer ceux qui la cultivent. Depuis l'Iliade, les récits se sont distingués par leur singularité épisodique à travers les épopées historiques d'une mythologie qui exhaussa l'élève vers l’excellence du goût : ce dernier s'étant étiolé avec le temps enclin à épouser d'autres idéals, dévolus plus particulièrement aux affaires tout court : abrégées au profit de l'intérêt personnel ! Lire la suite.Il fut question d'établir un bilan littéraire d'une période déterminée de cet art qui échappe toujours à tous les exégètes de la matière, composant les œuvres et leur donne leur forme définitive figée pour l'éternité. J'ai cru bon dans ces écrits intitulés "Sans titre", évoquer les fondateurs de cet art en une époque quand tout fut créatif ! Il suffisait en fait d'y croire. Tout fut réuni pour que la création se révélât nûment à ce rendez-vous pris à la dévolue par les artistes. C'est la postérité qui se chargea de pérenniser tous ces chefs d'œuvre, entrés effectivement dans la mémoire de l'art éternel.   Jean Canal.
CRITIQUE DE L'ART CRITIQUE   Avec Élie Faure (1), la peinture se décompose en fragments picturaux créant des actes intimistes d'une œuvre perpétuellement inachevée. Se perçoivent alors des scènes, les unes romanesques en des gestuelles invoquant la grâce divine, tandis que d'autres, idéalisant le sujet de cette œuvre, dépeignent une époque, en révèlent le thème et nous racontent une histoire à laquelle nous prenons part, en s'immisçant dans l'intimité de son auteur. Le tableau présente alors un instant fugitif, cependant figé sur la toile pour l'éternité ; moment furtif qu'il faut saisir pour en comprendre le sens profond que l'artiste y a insinué. Entre des lacis colorés d'ombres et de lumières à peine contrastées et qui laissent deviner la véritable intention de son auteur, l’œuvre toujours imparfaite dissimule toutefois ses véritables inspirations, comme la littérature classique qui s'évertue à transcrire l'esprit de la Lettre, ainsi que Balzac et plus tard Proust (et tant d'autres, inclassables, de cette nature intellectuelle, lesquels ont ajouté à la littérature), épuisés à dépeindre avec concision les actes banals de la vie courante. Lire la suite
Le genre dans une expression artistique relativise, en fait, la personnalité de l'artiste qui réalise son oeuvre selon des aspirations toutes rationnelles qui se veulent ancrées dans l’acception inspiratrice du sujet. Les questions appartenant aux exégètes de l'art, critiques en l'occurrence, ne surgissent point en son for intérieur torturé plutôt par le soucis d'accoucher (on retrouve ici la maïeutique de Socrate mise en scène par Platon) de son oeuvre en gestation. La précocité de l'être dans son devenir fut rarement au rendez-vous du génie ! Il se révèle en fait par lui-même, dès une première inspiration qui ne dévoile rien de son impérieuse envie de paraître ! C'est là que réside tout le mystère de l'art, de l'Art qui répond à ses exigences dont il est fait allusion dans notre critique. La musique n'est point épargnée par ces paramètres spirituels donc ! Jean canal.
Ouvre d'art contemporain à l'Hôtel Dieu. Toulouse. 2021.

Toutes les photographies figurant sur cette page ont été réalisées par Jean Canal ; à l'exception de celle qui le représente assis serrière son bureau de campagne, dans le Lauragais, en 1993 (cette prise de vue est signée Serge Cantié, photographe et journaliste toulousain).