REPORTAGES SUR LE OFF

Pierre Arditi & Michel Leeb passent un compromis à Avignon où ils joueront pour cette saison 2019

Un duo éclatant de réalité artistique propre à un Arditi inchangé. Michel Leeb surprenant de mimiques explicites, n'a rien perdu de son énergie théâtrale. Les réservations pour juillet devront être effectuées avant le début du Festival Off de préférence. Le théâtre ne peut plus souffrir de médiocrité scénique dans des pièces pauvres en thèmes nouveaux. Chaque année, les mille et quelques représentations théâtrales présentées au festival Off d'Avignon font rarement recette, en des salles à demie-pleine. Rude demeure le succès qui dépend toujours des choix de spectateurs. Les meilleurs y reviennent chaque année, plébiscités par le public ; dans le cas contraire, les acteurs d'une saison s'évanouissent dans les spectacles. A suivre sur place, avec presselibre.fr

Saison 2018 sur le retard



L'été 68 et nous.
Rencontres autour du mois de juillet 1968 à Avignon, avec Denis Guénoun, Émeline Jouve et Nathalie Cabrera. une journée consacrée à cet événement, à la maison Jean Vilar. Document d'archive juillet 1968 à Avignon.

NOUS SOMMES A AVIGNON


L'ARTICLE DE LA REVUE DES DEUX MONDES par 

Revue des Deux Mondes – En 70 ans d’existence, le Festival d’Avignon a reçu tous les grands noms du spectacle vivant. Quel est le plus grand apport de ce festival ?

Olivier Py – Le Festival d’Avignon a contribué à faire émerger deux idées fondamentales. La première est la décentralisation, avec cette idée que le théâtre n’est pas que pour les Parisiens. L’idée même de décentralisation au sens politique a d’abord été inventée par des gens de théâtre. Cette décentralisation théâtrale a pour corollaire la mise en place d’un projet « national en région », formule que Jean Vilar a été l’un des premiers à utiliser.

« Avignon a permis d’inventer un projet à la fois esthétique et politique, différent du théâtre bourgeois et parisien. » Lire la suite.


Cette année, ce qui nous intéresse c'est toujours le théâtre mais plus précisément ce qui se dit à Avignon sur Avignon, ce qui s'y fait, s'y produit hors les planches. La foule est toujours aussi compacte et importante dans les rues et ruelles où les rencontres révèlent combien ce lieu devient l'endroit incontournable du théâtre. Le village du Off évolue dans le domaine médias. Toutes les conférences sont désormais enregistrées ; alors qu'elles ne l'étaient pas l'an dernier. Un intérêt donc d'archiver ces rencontres artistiques et qui intellectuellement apprennent sur Avignon Festival. Jean Canal. 16/7/2018.

Le Baladin du monde occidental Archipel Théâtre

LE MONSIEUR DE LA PHOTOGRAPHIE. Guy Delahaye. Pris en photo par Jean Canal dans son atelier. Compagnon de Dieuzaide, il exposa au Chateau d'Eau, à Toulouse, entre autres des nombreuses reconnaissances culturelles qui lui ont rendu hommage. A rendre visite au 76, rue de la Bonneterie, à Avignon.

Maison Jean Vilar. Juillet 68 à Avignon.

Scène publique du Off. Rencontres des femmes autour de l'idée de la femme dans la société patriarcale...

Rencontre des femmes sur des questions de femmes. Les rencontres du OFF font le plein, chaque jour, puisque le programme des échanges intellectuels concernant les problèmes artistiques y sont autant évoqués que des questions d'environnement social touchant à l'éthique ! Comment, en 2018, la femme est-elle perçue par la gente masculine ? Toujours aussi mâle ! Le débat sur ce vaste sujet inextricable a quelque peu durci les relations homme/femme, quand bien même les corrections des genres eussent-elles modifié les institutions, le fond de l'antinomie qui sépare l'homme et la femme est intact ! Le Féminisme en a conscience et manifeste son désaccord avec des comportements machistes toujours présents dans tous les secteurs, police y compris ; puisque la directrice de la police d'Avignon était présente à cette rencontre du 10 juillet, pour nous conter quelques anecdotes croustillantes. Jean Canal. 11 juillet 2018.   Enregistrement de la Rencontre ci-joint.

AVIGNON, le direct. Qu'est-ce qui fait monter sur les planches des centaines d'acteurs en ce lieu devenu la référence internationale du théâtre ? Depuis la passation des pouvoirs d'organisation par Jean Vilar, quand la presse titrait que "le flambeau lui brûlait les mains", fin soixante, les festivals, celui du IN et du OFF ont fini par se compléter pour la complaisance du public, toujours aussi curieux de découvrir des nouveautés. Le théâtre contemporain, comme il a été écrit sur cet éditorial, occupe une large place dans sa dénomination qui tend à présenter la théâtralité de la société avec force caricature modernisant les traits des événements ; c'est une manière habille de reproduire une certaine réalité qui quelquefois peut échapper à ce public. Qui est-il, ce public fidèle à ce rendez-vous historique ? (Jean Canal rencontra le Festival pour la première fois en 1979...). Plusieurs générations s'y sont succédé, avec des goûts différents, certes. La contemporanéité, elle, a cependant toujours du mal à s'exprimer conformément à l'idée que les metteurs en scène se font de son entité ! Marcelino Martin Valiente, lui, en a saisi la profondeur dans laquelle il entraîne le public avec lui, jusqu'au fond du gouffre abyssal de la société actuelle. La Rédaction.

JEDEN DE MARCELINO MARTIN VALIENTE

Jeden à la SCIERIE. L'Article de la Rédaction

Interview de l'auteur de Jeden, après sa représentation théâtrale, le 11 juillet 2018, à la Scierie.

L'art est dans la rue. 2018 est riche en spectacle théâtral contemporain, comme nous avons pu le constater sur place. Les compagnies sont toujours présentes avec autant de détermination à défendre leur programmation ; et c'est un critère de référence pour la pérennité du festival OFF. Les pièces contemporaines, contrairement à l'idée que s'en font les artistes, d'un point de vue général, sont rares, dans l'exploitation qui est faite d'auteurs classiques mis au goût personnel de metteurs en scène, inscrits dans un esprit de modernité. La contemporanéité reposerait, selon certaines valeurs d'interprétation de la réalité actuelle, sur une transposition, en l'occurrence théâtrale, d'un événement inscrit dans un acte sociétal appartenant à l'époque même qui est vécue ! Point ! Libre à l'auteur d'en investir le thème de manière à restituer une anecdote intègrement réaliste sous les aspects, évidemment, théâtraux. C'est toute la magie du théâtre, et notamment de celui d'Avignon. C'est ce que Marcelino Martin Valiente réussit avec forte psychologie moyennant une spécificité qui lui est propre de sorte à investir entièrement le public, pantois, devenant complice de son histoire scénique. A voir et à ressentir au plus profond de vôtre âme. C'est joué à LASCIRIE où Olivier Py a élu domicile pour sa pièce , "Pur présent."  Jean Canal. 10 juillet 2018.

Le programme du festival Off 2018 est arrivé. 1538 spectacles pour cette année 2018. 133 lieux accueilleront des artistes dont certains sont à l'affiche. Plus de mille pièces seront jouées dont la majorité dans le répertoire de compositions .contemporaines et une centaine issue du classique toujours interprété en ce haut lieu du théâtre traditionnel. Molières, Racine, Marivaux, Hugo, Camus, Ionesco, Feydeau, Tchekhov, Shakespeare, etc. C'est toute l'originalité de ce festival : offrir une palette de pièces à la préférence de chacun. On fait son choix selon ses goûts ! Les têtes d'affiche n'attirent pas tout le monde ; quand bien même combleraient-elles les salles durant le festival. Les succès découlent souvent de la notoriété des artistes et rares sont ceux qui en sont couronnés hors registre de la programmation sélective. L'usage veut que les habitués instaurent un style de représentations qui attire les mêmes spectateurs, chaque année. On vient ici pour découvrir et/ou revoir un classique, en espérant qu'il soit dans le texte ! Corneille se raréfie comme Sophocle, Eschyle, Aristophane dont l'intérêt diminue face à une culture orientée vers la novation relative à l'actualité. Aurons-nous cette année une pièce sur le terrorisme ? La Politique ? Le racisme ? Le viol ? Les atteintes portées aux femmes ? Bref, les sujets ne manquent pas et la polémique les attend paisiblement. Jean Canal. 27 juin 2018.

LA MANUFACTURE présente son programme. La Lettre d'information de la Manufacture.

 

 

 Les larmes amères de Petra Von Kant

Théâtre des 2 Galeries

FLAMENCO : au Chêne Noir

LA STRADA : Théâtre Alizé  

CITRONS : Espace ALYA

DECALAGE-TOI

AU SEUIL DE LA VIE

AU PAYS DES DEMONS

HISTOIRE VRAI D'UN PUNK QUI...

SOIS EXOTIQUE COCO

Confidences dans le boudoir

Madame est morte

Confidences sur le trottoir

Marcel Le GuillouxA Mon Bar, Rue Matheron Avignon Festival 

DON JUAN THÉÂTRE DES 2 GALERIES

LA DAME D'AVIGNON

Sand, prénommée Georges par Pierrette Dupoyet

Mohamed Merah à l'affiche à la Manufacture 2017

"Moi, la mort, je l'aime, comme vous aimez la vie, le spectacle qui met en scène les dernières heures du djihadiste toulousain, dont la dernière représentation a eu lieu ce mardi 11 juillet dans le Off du Festival, a suscité de vives réactions d'associations et de proches des victimes. «Les monstres ne tombent pas du ciel, ils sont en nous», explique Mohamed Kacimi, l'auteur de la pièce Moi, la mort, je l'aime, comme vous aimez la vie, jouée à Avignon jusqu'à ce 11 juillet. Trois ans après le massacre par Mohamed Merah de sept personnes*, avant d'être neutralisé par le Raid qui assiégeait son appartement, l'écrivain algérien revient sur ce douloureux épisode. Avec une question: «Pourquoi notre société, qui fait désormais peu cas de l'humain, engendre-t-elle aujourd'hui de pareilles monstruosités?» C'est moins cette réflexion que la façon dont elle est mise en scène qui semble soulever la polémique. Des proches de victimes accusent en effet la pièce de vouloir excuser le djihadiste." Le Figaro culture. Lire la suite de l'article. «Ne pas traiter ces questions au théâtre, c'est faire la politique de l'autruche» Pascal Keiser, directeur de La Manufacture; *"sept personnes" cite le Figaro culture dans son article. Les enfants sont-ils considérés comme des personnes, demande la rédaction de presselibre.fr ? Ce qui signifierait que effectivement, ces enfants sont coupables d'être ce qu'ils sont et leur responsabilité est donc entière !

AVIGNON REPORTAGES                  NOUS NE SOMMES PLUS A AVIGNON AU FESTIVAL DE THÉÂTRE DANS LES ARCANES DU OFF ! Vous n'êtes  donc plus conviés, bien sûr, à venir nous rejoindre à Mon Bar, rue Matheron, comme cet abruti qui s'invita sans carton ! Nous crûmes reconnaître toutes les caractéristique d'un mirapicien ou/et d'un Con-Mingeois (habitant du Con-minges : Haute-Garonne), cet après-midi du 18 juillet. Jean Canal ; bien sûr. 28 juillet 2017. La Culture comme valeur en signe de reconnaissance de l'esprit ; Malraux n'était pas très loin de la raison qui siège au cœur de la quête de l'individu dans une société déracinée !  Nous étions à Arles pour les Rencontres de la photographie. Nous sommes à Avignon pour son festival de théâtre. Suivez-nous sur la page dédiée, inscrite au menu. La rédaction.           Le dernier article de Jean canal.

UN THÉÂTRE PROVOCANT. On se demandait, en arrivant ici, pour quelle raison il y a un déploiement de force de sécurité important en Avignon : gendarmerie et CRS occupent, aux côtés de leurs collègues de la Nationale et de la Police Municipale, le pavé qu'ils arpentent, nonchalamment, toute la journée, jusqu'à tard dans la nuit ! La polémique n'a pas tardé à créer une controverse sur la Liberté d'expression. L'affaire Merah mis en scène et présentée jusqu'à une date arrêtée en un certain théâtre qui en revendique son droit inaliénable ; l'affaire Merah ouvre le débat sur les limites de la culture quand celle-ci s'épanche sur le sort du meurtrier ! Avec le haut débit de séries policières diffusées sur le petit écran ajoutées à l'exploitation des faits divers qui passionnent un public abruti par un lavage de cervelle constant, on comprend que la société se nourrit elle-même de sordide qui de la virtualité passe, hélas ! à la réalité ! Avide de sang les monstres que nous créons, puisque nous sommes tous responsables, sont les futurs tueurs sociétaux qui ne manquent pas d'inspiration...Jean Canal. Revu et corrigé le 21 juillet 2017. Toujours en direct d'Avignon.

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Lecteur au


Photos et reportages d'Avignon


FESTIVAL D’AVIGNON 2017 du 6 juillet 2017 au 30 juillet 2017. Parc des expositions, 20 Rue du Portail Boquier, 84000 Avignon, France Festival d’Avignon. Tél : 04 90 14 14 14. www.festival-avignon.comAvignon Off. Du 7 au 30 juillet 2017. www.avignonleoff.com

La Terrasse, le journal critique des métiers des arts et spectacles gère la critique théâtrale en Avignon. Sa distribution gratuite sur le pave de la cité des Papes permet de se faire une idée des spectacles à voir, absolument. nous conseillons évidemment sa lecture.. Cette année, trois cents représentations on été retenues par le média qui a affiné une sélection pertinente pour le public.

presselibre.fr au Festival International de Théâtre d'Avignon, conformément à l'esprit de Jean Vilar qui voulait ouvrir les portes du TNP(fondé par Firmin Gémier en 1920) à tous les horizons culturels. A l'instar de Molières, il avait suscité l'engouement d'aller jouer sur les routes, parce que la culture devait aller vers les gens. Quoique les critiques en eussent dit, sous les signes ostentatoires de l'exploitation marchande de l'art théâtral, qui effectivement existe en Avignon, Avignon demeure, nonobstant cette envergure, la référence internationale du théâtre.  Le coût de la production pour les compagnies les plus affaiblies dans leur budget peut handicaper les représentations : les acteurs s'investissent entièrement durant un mois à promouvoir leurs spectacles, moyennant des interventions quotidiennes sur le pavé en distribuant des flyers et excipant un brin de leur scène dans la rue. Un effort qui demande un capital d'énergie qui ne peut souffrir de carence, lors des représentations publiques ! Le regard que nous portons sur le théâtre est celui de l'enfant qui découvre à chaque fois une merveille et qui remarquera naïvement que le lacé de la chaussure de l'acteur est défait, que la chemise à un trou sous le bras, qu'un acteur semble moins à l'aise dans un rôle et que la diction a des consonances anormales dans un texte tronqué dans sa composition. C'est ce que nous percevons à presselibre.fr, non pas pour mettre au pilori les acteurs et le responsable de la mise en scène, mais pour relever le fond distant de la forme en restituant à chaque partie sa part scénique. On peut assister à un spectacle remarquablement joué, sans pour cela ressentir aucune sensation de création enrichissant le théâtre lui-même. La question de cette année sera de savoir jusqu'où peut aller le théâtre dans sa création, en osant évoquer les attentas, les tueries, les guerres et toutes ses formes de racismes, de xénophobies et d’antisémitisme auxquels nous assistons passivement, comme si nous n'étions point concernés. Puisque la Terrasse l'écrit dans ses lignes éditoriales, en rappelant que le théâtre est "le miroir de la société." De quel miroir s'agit-il ? Celui de Jean Cocteau dans Orphée ou bien le miroir qui s'oriente vers "le théâtre élitaire" d'Antoine Vitez ? "Cachez donc cette horreur que nous ne voulons voir !" Jean Canal. à suivre à Avignon 2017.

CRITIQUE FESTIVALIÈRE

Deux polémiques ont cependant sanctionné ce festival 2017, dans le programme du OFF particulièrement dans le principe fondamental de la liberté d'expression que nous défendons avec une plume sans pitié pour ceux qui tentent de l'amputer de ses facultés descriptives, ont jeté le discrédit sur les auteurs et les compagnies de théâtre qui ont eu le courage de les diffuser. On peut et c'est le devoir de tout citoyen de le faire savoir, ne pas être d'accord avec le thème exploité sur un fait de société criminel, mais on ne peut, hélas ! réserver son jugement de valeur en le resituant toujours dans un contexte très relatif à des conjonctures qui l'ont favorisé  ; sans en cautionner néanmoins le fond ! Notre liberté d'expression est donc remise encore en cause par ceux qui ne peuvent souffrir qu'elle s'exprime en son nom ! La meilleure manière de s'opposer à une production théâtrale est de ne pas aller la voir, de ne pas en parler et/ou de n'en écrire aucune ligne... Jean Canal. 17 juillet 2017. Avignon.

Une fois n'est pas coutume, nous avons laissé les premiers mots d'introduction au Festival, à la Rédactrice de La Terrasse. Agnès Santi. Ce qui ne signifie en aucune façon que nous lui laisserons le dernier mot.  La Terrasse a d'ailleurs sélectionné pour le public trois cents spectacles, passés au crible sur les mille quatre cent quatre-vingt proposés, et cela afin de ne retenir que la quintessence du théâtre. Quels sont donc les critères qui déterminent la qualité d'un spectacle, au regard des critiques ? Nous pourrions répondre l'affluence du public ! La tendance du moment dû à des conjonctures croisées qui permettent de dégager des thèmes précis et surtout les auteurs. Les classiques ont bonne presse et le public en a besoin pour se ressourcer. Il y a néanmoins, les adaptations qui se doivent d'être à la hauteur des prétentions à faire de l'original une copie !  Jean Marais qui allait voir une pièce jouée par une grande amie connue dans le métier, lui avoua une fois dans sa loge : "je n'ai pas aimé." Très subjectif, cependant, le théâtre se veut pluridisciplinaire dans sa construction scénique : ici, on trouve de tout ; comme si l'on se rendait au marché aux puces. Les esprits sont différents et leur manière de voir les choses leur est propre. Jean Canal. 9 juillet 2017.

Le théâtre est-il assigné à un devoir de culture didactique à l'égard du spectateur qui lui rend visite pour en apprendre un peu plus sur lui-même ? Les mises en scène et les adaptations de classiques recomposées pour coïncider avec les événements contemporains sont quelquefois rébarbatives et maladroitement agencées. La crise, le racisme, la xénophobie, les migrants et la politique sont les thèmes récurrents du théâtre d'Avignon qui traite ces sujets sous tous les aspects. Les prises de partis sont affichées. Engagé ou pas, le théâtre enseigne sur son propre compte avant toute autre démonstration de morale. Il s'évertue de correspondre à l'aire du temps, quand bien même ressasserait-il de vieux concepts qui composent la scène. Les idées foisonnent d'inventivité ! Elles surprennent par l'audace jusqu'à choquer parfois par leur sens déplacé de la réalité ! Le théâtre est une affaire de subjectivité, en fait. C'est par une analyse personnelle que se déduit la matière intellectuelle qui va concevoir son application. Les pièces de théâtre enseignent sur le monde contemporain, quand bien même seraient-elles issus des arcanes des Grecs ou des Latins ! La leçon sociologique sur notre propre histoire contemporaine inculquée par Julie Bertin et Jade Herbulot s'inscrit dans le devoir du théâtre de dessiller les paupières des spectateurs afin de leur rappeler cette partie intrinsèque de l'humain imbriquée dans cette immense collectivité sociale, notamment européenne. La Grèce de Périclès mise à l'index des préoccupations de Bruxelles, acculé aux revers de la crise économique fut un affront intolérable fait à l'intellectualisme qui fut à l'origine de notre constitution européenne. Hormis sans doute celui d'Aristophane, le théâtre grec avait-il vocation à disputer les comportements politiques de l’Athènes démocratique d'alors ? La culture didactique trouvait en ce temps un seul rôle à jouer, celui de transmettre le savoir et la connaissance au public. Jean Canal. Festival d'Avignon 2017. 18 juillet.

Le Festival International de Théâtre d'Avignon.

Les dirigeants changent, les responsables adjoints également, mais la structure de cet immense théâtre semble ancrée, comme une bite d'amarrage, au port dans la ville qui, close en ces remparts, ouvre ses portes au monde, durant un mois de représentations théâtrales. Caractéristique spécifique à cette manifestation culturelle : une représentation pluridisciplinaire de l'art du théâtre au cœur de la culture mondiale. Du Japon, régulièrement présent, à l'Afrique du Sud, en traversant les Amériques du Sud et du Nord, les états internationaux sont représentés chaque année par des plénipotentiaires culturels, plus communément appelés acteurs, comme pour signifier que le théâtre sous les auspices de la culture universelle ne connaît pas de frontières et n'en connaîtra jamais. Molières, le premier saltimbanque de l'époque moderne, ne pouvait espérer mieux !
Quels sont les thèmes qui s'y développent sur des planches aménagées souvent à cette occasion (les cours d'écoles, de collèges de son université et de lieux emblématiques à l'histoire en cette ville qui fut le siège épiscopal de toute la chrétienté, en son les scènes de fortune) ? Certains théâtres, cependant, fonctionnent à l'année ; d'autres sont donc improvisés aux quatre coins de la ville qui se prête volontiers à ce jeu de rôle. Les élus en acceptent le jeu, ils en connaissent les enjeux économiques qui ont des retombées positives pour le développement de la ville dont la notoriété s'est accrue au fil des ans. Avignon ainsi devint le premier théâtre du monde, sans que Jean Vilar ne soupçonnât jamais cette mondialisation ! Au cours des années de production, la première place a été ravie par le OFF qui gère plus d'un millier de représentations à chaque saison, avec une synergie capable de répondre à toutes les nouvelles difficultés éventuelles qui se présenteraient, lors de complications structurelle, administrative ou/et artistique. Rôdé à l'exercice d'une gestion subordonnée aux subventions, le OFF tente chaque année de répondre aux demandes multiples des intervenants, des participants et des représentants d'organes de presse, de théâtre et d'artistes. Il y parvient non sans mal, mais toujours avec succès. Et chaque année un peu plus, il s'évertue de satisfaire les uns et les autres, en gérant un budget au prorata des priorités. Voilà en quelques phrases les principales lignes de direction du Théâtre d'Avignon.
La saison 2017 semble plus ouverte à la création contemporaine, délaissant les classiques en nette perdition pour ne pas écrire raréfaction. Néanmoins, un classique ne perd rien de sa force, ne serait-ce que part son étude en classes secondaires et majeures des cours supérieurs universitaires. Son avenir n'est donc pas en danger, malgré les réformes de certains qui voulaient faire disparaître « La Princesse de Clèves », considérée comme révolue dans les mœurs de l'époque d'un Président de la République relayant la culture à une simple fonction de rapport économique (un tacle est pratiqué au foot, à condition que l'arbitre ne le voie pas -puisque, de nos jours, existent les cultures du foot, du Rugby et du Tennis !) Ne soyons point inquiets de ne plus voir Sophocle, Euripide, Eschyle, Racine, Corneille et pourquoi pas une mise en scène de Virgile, d'Ovide et caetera ! Abrégeons, je vous prie, ce chapitre incomplet et loin d'être exhaustif ! La culture, aujourd'hui, ne se nourrit plus des Humanités de Diderot évoquées dans son portrait de l’Université soumise à Dalembert, mais caresse la contemporanéité en lui accordant un intérêt relatif aux événements et faits de société actuels dont les acteurs de mise en scène tirent un riche enseignement sur le comportementalisme sociétal ! Le Politique quand il n'est pas traité sur le vif du sujet est constamment sous entendu, en des formes allégoriques adaptées au conteste. Ce sont les comiques des planches qui leur donnent ce côté hilarant afin d'édulcorer une conjoncture déplorable encline à des paramètres économiques vacillants et assujettis à des conjectures politiques de circonstance, aléatoirement dirigées vers le favoritisme électoral. Le budget de la culture s'est réduit comme un peau de chagrin : parce que « on » ne peut répondre à toutes les subventions...nationales. Le sujet de l'actualité au théâtre y est traité de manières multiples, variés et adaptés selon son interprétation identitaire : c'est-à-dire relatif au pays qui présente sa vision des choses. Il en est ainsi des thèmes sociétaux, ceux qui appartiennent aux mœurs, us et coutumes de notre temps, unilatéralement confondus, avec une élégance théâtrale : la stupidité et la bêtise reviennent à l'honneur de ces pamphlétaires du verbe clamé haut et fort à un public attentif, complice de ce parodique forfait, durant ce spectacle à la Guy Debord ! Les talents ne manquent point et les ratés de l'art théâtral aussi ; rassurez-vous, il en existe dans tous les domaines ; c'est ce qui rassure quelque part, en se disant que l'on n'est pas seul ! (nous sommes au théâtre, ne le perdait pas de vue...) Le paradoxe pourtant avorte cette idée préconçue d'un échec culturel entretenu à Avignon, parce que le théâtre de Jean Vilar est bien vivant. Chaque année il revit de ses cendres. Le vœu de Jean Vilar est exhaussé : le plus grand théâtre du monde existe toujours et semble ne point vouloir mourir.

Les mots d'Agnès Santi n'ont pas tout dit ! Il nous est apparu évident de balader notre curiosité chez les artistes qui ne sont pas consignés dans "La Terrasse." Stupéfaction en apprenant que la publication des noms à l'affiche reposait aussi sur des frais d'enregistrement dont certaines compagnie ne peuvent s'acquitter ! Encore une histoire d'argent. La culture a un prix. Nous le savions. Les mille et quelques recalés à l'inscription au postulat de l'édition journalistique devront prouver qu'ils sont parmi les meilleurs et pourquoi pas les grands élus du talent ! Les critères seront toujours utilisés pour justifier la qualité d'un spectacle ; et c'est tant mieux ! Il faut avant tout défendre dans son ensemble la Culture et en valoriser au possible ses thèmes ; ici, le Théâtre ! Le succès est imminent chez les plus grands dont on reconnaît, en les distinguant, un Jouvet d'un Lucini ! Un Gabin d'un Depardieu ! Un Cirano de Bergerac interprété par un génie du théâtre (Daniel Sorano) d'un acteur de cinéma qui l'ajuste à sa mesure ! Bref ! Il y a cependant le ressenti, l'instinct animal qui subodore un bon acteur d'un autre qui tente de concourir dans un domaine qui lui échappe et dont il ne sera qu'un histrion du spectacle !  la réalité est souvent amère, cruelle et sans pitié pour la carrière. Jean Canal. 17 juillet 2017.

Puis, le Télérama distribué gratuitement sur le pavé par des jeunes gens nous apparut comme une aubaine dans les critiques. Pensez un peu, mais pas trop, Fabienne Pascaud en signe l'éditorial en guise d'ouverture rédactionnelle. En image de couverture recouvrant entièrement la page : Antigone de Sophocle, revue et adaptée par Satoshi Miyagi. L'éloge est grandiose autant si ce n'est plus que la représentation-même qui suscite, avouons-le, curiosité !  En contre parti, Oliver Cena signe un très bel article sur Ronan Barrot, l'artiste qui a conçu l'affiche "rouge" du Festival 2017.Une explication exhaustive en est fournie tout en respectant le cadre de la culture artistique.
Enfin, et nous arrêterons-là notre introspection journalistique, Joëlle Gayot s'est baladée "Dans les ruines d'Athènes", une pièce de Julie Bertin et jade Herbulot qui "refont l'Europe." La cité de Périclès abandonnée momentanément par l'Europe redevient contemporaine par soucis, sans doute, d'égalité constitutionnelle, au regard des institutions européennes qui ne peuvent, face à l'histoire de la Grèce antique, jeter en pâture l'intellectualisme qui l'a constitué ! C'est beau ! Dans son ensemble, le théâtre revient sur sa scène avec un engagement non pas politique mais éthique ! Il y a donc une responsabilité de chacun dans cette immense communauté citoyenne qui veut, effectivement, construire un avenir de paix !  Il faut y croire, ne serait-ce que par phénomène spirituel qui tend à  favoriser le bien sur le mal à condition que l'on cesse de penser à mal ! Salut. Jean Canal. 18 juillet 2017. En direct de Avignon.
Rêveurs, les artistes ? Si créer pour la scène sollicite pleinement l’imagination, c’est aussi un parcours solidement ancré dans les conditions et les aléas du réel, où le combat du financement de la production se poursuit par celui de la visibilité et de la diffusion des œuvres. Un parcours d’autant plus difficile qu’il n’est pas uniquement corrélé à l’objet artistique en tant que tel mais aussi à plusieurs facteurs extérieurs : aux diverses instances qui décident ou non des subventions, au fonctionnement des réseaux de distribution, aux circuits conduisant à la reconnaissance…
Ce combat au long cours, des centaines de compagnies le mènent sur tout le territoire. Pour des résultats qui comptent ou, comme le dirait joliment l’homme de culture et de terrain Jack Ralite, « qui content ». Nous le répétons chaque année : bien commun, acte de création, de rassemblement et de partage, la culture favorise le lien social, élève l’esprit, célèbre le beau, lutte contre l’uniformisation, suscite émotions et réflexions, dynamise l’économie locale. Autant d’arguments plaidant avec évidence pour une politique culturelle forte.
Extraordinaire creuset culturel, le Festival d’Avignon In et Off prouve magistralement le dynamisme des arts vivants. Son succès célèbre autant la création que la rencontre. Entre artistes et public d’abord : c’est non seulement la découverte d’œuvres stimulantes qui mobilise mais aussi l’envie et le besoin de dialogue. Entre artistes et programmateurs également, Avignon constituant un vaste marché et un foisonnant panorama de la création théâtrale contemporaine. Ainsi qu’une jungle dense et un pari risqué pour les artistes.
Avec obstination, les champs esthétiques et politiques s’imbriquent sur les plateaux. Chaque année, il est passionnant de déchiffrer les inquiétudes et préoccupations des artistes qui, malgré la singularité des démarches, dessinent des axes lisibles. Que révèle cette édition 2017 ? Les inégalités sociales, la relation à l’altérité, la crise européenne, la crise des réfugiés, la montée des populismes, la radicalisation terroriste, le désarroi face à un monde que l’on ne comprend pas… : autant de sujets aigus dont les artistes se saisissent. Avec la volonté d’interroger le monde en préservant une distance, d’éviter la paresse des certitudes, de cultiver le doute, de s’aventurer vers l’invisible. En prise directe avec le politique, la création contemporaine s’emploie à dépasser les vues courtes oublieuses de l’humain. Loin des idéologies qui prétendent tout expliquer et tout résoudre, sous un prisme unique phagocytant tous les autres – prismes national, économique, religieux… -, la création ne recherche pas le vrai mais la vérité d’une parole, d’un geste, d’une personne, d’une histoire. La mise en forme même de l’incompréhension et du pessimisme par l’art peut rejoindre une forme de beauté : beauté extérieure de la scène et beauté intérieure de l’esprit en éveil.
Le journal La Terrasse publie la dixième édition d’Avignon en Scène(s). Afin de vous éclairer et de vous guider dans votre quête festivalière, nous présentons la quasi-totalité de la programmation du Festival In, une sélection de près de 300 spectacles du Off, ainsi que des entretiens avec des artistes, philosophes… qui ouvrent des pistes de réflexion.Bonne lecture et bon festival !                                       Agnès Santi