TRIBUNE

By | 4 février 2020

Les vœux de Jack. Vœux 2020.

Des maux et des hommes Des mots et des actes. Tornade émotionnelle. Depuis un an, un parfum de colère flotte dans les esprits. Humiliation et mépris courent dans les limbes du ressenti. Des feux couvent aux carrefours routiers. Des flammes surgissent le long des manifestations. Des regards sont étonnés par l’audace de la geste populaire. Ahuris, les hommes et les femmes redécouvrent les pulsions de la horde sauvage. Des visages grimaçant de colère, nous passons à l’ébahissement, à la consternation. Ça sent l’essence et le caoutchouc brûlés… Les porte-parole prennent le relais. Les négociations se mettent en place. On parle des vieux, des jeunes, des enfants, des femmes, des handicapés, …, de pénibilité, de dignité, de solidarité.

D’adversaire, on devient partenaire. Après la déshumanisation, l’aspiration au « vivre ensemble ». Après le défoulement destructeur arrive la repentance re-constructive.

L’organisation politique et administrative retrouve sa nécessaire utilité. Défiance, méfiance, confiance, l’avenir est là, dans notre quotidien. Le monde va mal ? Mais, il est toujours allé mal ! Toujours, des personnes révoltées ont bousculé la quiétude de la majorité. Toujours, des hommes et des femmes de bonne volonté ont essayé d’améliorer la vie en commun. Recherchons l’essentiel. L’essentiel reste écrit sur un grand fond de silence. « La vie que je désire, c’est la vie que j’ai » (Confucius). . Partons à la découverte de cette force mystérieuse qui nous pousse à vivre.

Accolée au solstice d’hiver, la fête de la nativité recrée l’arrivée de l’invisible dans le monde, un moment magique, plongé dans une lumière d’émotions, une célébration qui émeut…

A chaque Noël, nous retournons à la maison pour rendre visite à nos parents et nous échangeons quelques présents avec nos amis. Le monde rentre ainsi dans l’ordre : nous nous rassurons sur le lien d’affection qui nous lie, nous nous sentons chez nous dans le monde. Et nous sommes prêts à repartir pour la vie.

Choisir le passage du solstice de l’hiver, c’est opter pour l’espérance en la lumière alors que le jour est le plus court de l’année.

Choisir un sapin, c’est s’associer à la vigueur persistante de l’arbre, au cœur du froid et de la nuit.

Entre le rêve collectif et la réalité, il y a ce qu’on appelle la magie de Noël.

Rappelez-vous, c’est en 1946, lors du premier réveillon suivant la Libération, que Tino Rossi chante « Des jouets par milliers » ! Ce Noël-là, j’avais cinq mois ! Aujourd’hui, haro sur le baudet ! Consommation ! Gaspillage !

A Noël, nous nous tournons vers le ciel, les milliards de galaxies, les milliards d’étoiles. Notre anthropocentrisme s’en trouve ramené à plus de modestie. Humblement, nous pactisons avec nos proches par l’échange de courriers, de cadeaux et d’invitations.

Moi, qui regarde les étoiles du haut de mon « serre », est-ce que j’existe ?

On ne peut penser sans être, comme l’a définitivement établi Descartes : « cogito ergo sum » (je pense donc je suis). Mais ne peut-on pas être sans penser ?

« Faut-il comprendre que nous n’existons pas pour que nous puissions nous libérer de l’attachement et de la souffrance ?

C’est précisément en raison de son impermanence, de l’absence de tout absolu, que la vie à un sens… »

Ne croyez pas que vous allez vous en tirer aussi facilement avec de telles platitudes.

Voici ce qu’écrit Santiago Espinosa dans son livre, « l’impensé » (Encre Marine) :

<< Sans être, il n’y aurait rien à penser, or il y a être, c’est pourquoi penser et être sont la même chose : l’être est présent, ou est présence, et la pensée consiste à avoir présent cet être à l’esprit ; même lorsque quelque chose n’est pas présent devant nous, la pensée le présentifie, précisément pour le penser. >>

Vous avez une nouvelle année pour disserter là-dessus.

Je relèverai les copies, le 31 décembre, 2020.

Joyeux Noël et Bonne année.

Jack

 

CINEMA : J'accuse." Toulouse Gaumont Place Wilson. La séance cinématographique du Gaumont de Toulouse, ce 25 novembre 2019, programmée pour 10H 15MN, n'attira pas grande foule, puisque à cette heure laborieuse de la matinée, nous ne fûmes qu'une vingtaine à avoir pris le risque de regarder ce long métrage de deux heures quinze. Une majorité de femme a soufflé la présence modique des hommes ; tandis que dehors rue d'Alsace, sise au métro Capitole, les associations et mouvements défendant les femmes battues, violées, assassinées et prostituées, avaient pris place pour sensibiliser les curieux aux maltraitances faites à la gente féminine. Aucun rapport avec la censure du film.

Le film en soi, bénéficie d'un atout ostensible, celui de la mise en scène et des décors fidèles à une époque. Le J'accuse d’Émile Zola, est à l'honneur. Les acteurs dont certains sont effacés par leur propre identité scénique comme le comte Walsin Esterhazy, à peine exprimé et dont le rôle suprême fut confisqué par le temps consacré au Commandant Picquart, dévalorise l'intrigue militaire de cette histoire encore vivante au cœur de la politique française. Bref ! Entrons dans le vif du sujet en allant directement au sein de la hiérarchie militaire de cette fin du XIX° siècle. L'accusation du capitaine Dreyfus est d'abord incontestable, ne fût-ce que par le caractère social d'une période où la communauté juive dérange par ses richesses ; quand bien même la citoyenneté nationale fut depuis longtemps acquise. Un juif coupable, qui plus est dans l'armée, c'est l'occasion de jeter en pâture «un traître parfait» pour incriminer sa communauté ! Polenski met l'accent sur cet aspect d'engrenage antisémite qui gravit les échelons sociaux du corporatisme ! L'idée est bonne, certes, mais derechef un peu courte dans sa longueur cinématographique orientée vers des personnages qui eussent été plus historiques, en concédant un tantinet de place à d'autres protagonistes cruciaux dans cette histoire ! La hiérarchie militaire est effeuillée au grès d'une enquête intentionnellement obnubilée vers le coupable idéal ! On passe sous silence ceux qui eussent quelques choses à dire dans un contexte nationaliste ! Le premier plan du film est installé confortablement pour conforter le spectateur sur la suite auquel il assistera ! La foule de figurants est impressionnante et concède une valeur technique de ce cinéma grand public ! Les détails de cette affaire qui sont révélés pour une cause aujourd'hui désuète, malgré une conjoncture qui y trouverait indéniablement ses raisons, ajoute à la volonté de clarté de l'Histoire inaccomplie ! Des scènes consacrées au capitaine Picquart ainsi que celles qui décrivent le contexte des Renseignements militaires, dévalorisent le fond d'une forme cinématographique maladroitement traitée qui eût mérité de s'y attarder davantage ! Le cinéma de Polenski manque d’élan et semble s'essouffler dans un espace contemporain ne pouvant se passer de détails puériles pour satisfaire le quidam de base qui se nourrit de piètres pitances culturelles... Demandez l'exigence et posez-vous des questions que d'autres n'oseraient poser à eux-mêmes. Jean Canal. 25 novembre 2019.


La Police responsable. Les derniers événements qui se sont produits au cœur de la Préfecture de police de Paris édifient les problèmes de fond propres aux dysfonctionnements de la police. Qui porte la lourde responsabilité des exactions commises régulièrement par la police, dans l'exercice de ses fonctions ?

MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR : fin de régime dictatorial en France ! La démocratie reprendra-t-elle sa place qui lui fut ravie par la nouvelle politique de répression ? Christophe Castaner auditionné suite aux violences survenues régulièrement en la capitale, fournit des explications tendancieuses pour justifier les interpellations de journalistes. Le Ministre de l'Intérieur traduit devant ses Pairs, au sein d'une délégation parlementaire au renseignement. Sera-ce le glas qui sonne, enfin, pour annoncer la destitution du Premier flic de France ? Il faut sincèrement l'espérer ! De profondes réformes dans la Police et la Gendarmerie doivent être entreprises pour sauver la Sécurité du Territoire des risques de dérapages constants qu'elle connaît. Incompétences professionnelles, abus de pouvoir, amateurisme des polices municipales et bavures à répétitions accusent Police et Gendarmerie. La France a la plus mauvaise police d'Europe, si l'on tient compte des valeurs républicaines dont les institutions se targuent. Déroger à la déontologie est une pratique courante, de basse besogne qui caractérise ces deux corps de métier (la mémoire noire de 1942 plane sur la profession) ! L'histoire la plus sombre de la France nous rappelle un comportement toujours en vigueur donc, d'après les actions de violences qui défrayent les chroniques médiatiques. Jean Canal. 6/09/16 octobre 2019.