SILENCE ! J’ÉCRIS…

By | 24 septembre 2020

«Tout s'affaiblit, tout disparaît. De nous, il faut que quelque chose reste...» C'est d'elle que ces quelques mots furent recueillis.

La voici telle que je me la représente encore aujourd'hui, à l'échéance d'une vie imprégnée de forfaitures contextuelles, en une vie menée dans la désolation de parcours tortueux, sillonnant à tâtons dans la pénombre.

Son prénom ? Vous le connaissez sans doute si vous vous intéressez à la littérature. Elle et moi sommes semblables. Elle et moi recherchions à concrétiser les affinités électives que le romantisme avait essayé de formuler dans une conception toute singulière de l'amour, consacré aux êtres épris de vertiges idéalistes.

Elle et moi ne nous sommes jamais rencontrés. Une époque, voire deux, trois au pis quatre, nous séparent. Je ne possède d'elle que cette photographie dont l'expression du visage laisse voir une mélancolique détresse, adressée à une existence résignée qui lui écourtera la vie, tôt. Elle me parle presque au bout des lèvres et clame son indolence à l'égard de cette vie qui ne nous a guère épargnés !

Elle incarne ces femmes, rares, qui inversent les rôles naturellement, en conviant un homme à partir, à tout quitter, tout abandonner, en l'invitant à le confondre dans des ébats intemporels. Elle commande au temps et aux jours qui s'écoulent. Perdue souventefois en des intimes rêveries où la solitude s'immisçait inopportunément, pénétrée alors de mélancolie sombre, elle m'ouvrait cependant une étroite allée dans son cœur où je la rejoignais dans ses pensées ; là, tous deux, livrés à l'idéal d'une vie nouvelle, nous nous projetions hors du temps présent, refusant ce monde contemporain à nos âges. Et ressentant ma présence là où elle s'isolait, elle me demandait pour la énième fois, comme pour se rassurer que la réponse n'avait point changé, malgré son état fracturé sous le faix de la condition humaine :

«Tu m'aimes toujours autant, comme au début ? Comme pour la première fois ?» -Oui, bien sûr ! Répliquais-je ! Je t'aime et t'aimerai toujours comme aux premiers instants de notre reconnaissance réciproque sur ces allées perdues, là même où notre souvenir demeure encore intact !» 

C'est vrai que ce souvenir revivait de manière intense, chaque fois que mes pas se portaient au lieu même de notre première rencontre.

Après elle, il ne peut y en avoir une autre ; celles qui viendraient à la suite, persuadées d'être en terrain non conquis, n'auraient que le goût amer de la rancœur de s'être fourvoyées en des aventures appauvries par leur banalité corporelle, dépourvues de sensualité où la sexualité-même serait absente du désir évanoui ; un manque ineffable d'amour attenterait à cette idée que les femmes ont de la rencontre amoureuse !

Chez elle, tout repose dans l'expression qu'elle manifeste posément au quotidien, de sorte à donner l'impression qu'elle pose pour l'éternité. Sa singularité lui ajoutait une naïveté naturelle à laquelle je m'étais attaché, désespérément aliéné à un être hors du commun ! Elle disparut en 1927. Et toute ma vie, j'ai recherché à rencontré un visage semblable au sien. En vain ! Enfermé dans un univers où elle m'apparaît quelquefois, toujours au dépourvu de mes pensées, je lui consacre le peu de temps qui me reste à vivre. Puis il reste l'espoir indicible formulé en une conception de l'immortalité des âmes, que la mort nous réunisse, pour un dernier ébat. Amen !

Non ! Vous n'aurez pas son prénom ; Elle est à moi ! A moi seul !Jean Canal. 10/11 janvier 2020. 1er & 2ème jour de pleine lune.

 

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La beauté de Marie-Jo ressemblait à sa personne ; c'est la déduction qui découle de sa voix. Les photos qui la mettent en valeur ne perçoivent point ce détail : de ses portraits émane son malaise intérieur, invisible à l’œil nu ; l'image parle, révèle !  Marie-Jo était jolie. A l'instar de ces fleurs qui paraissent ne point faner par le phénomène de récurrence annuelle : des immortelles en quelque sorte qui, paradoxalement à sa volonté d'en finir avec la vie, guérissent tous les maux ; excepté ceux qu'elle nous envoie par sa voix intelligente !  Le vague à l'âme s'empara de sa sensibilité pour provoquer une psychose infernale qui la poussa à l'acte du suicide ; la délivrant de cet enfer terrestre, insensible à son entourage familial, Marie-Jo nous est, aujourd'hui, restituée encore plus vivante que jamais -"On" aurait aimé avoir été là, afin d'essayer d'apaiser ses souffrances sentimentales. Elle est morte à l'âge de 25 ans. Jean Canal.

Marie-Jo et son angoisse. Elle avait précisé que ce serait le vent qui viendrait converser avec elle, une fois qu'elle serait morte ; et seulement quand il soufflerait vers sa direction. Marie-Jo parlait aux anges du mal ! Ceux qui l'attirèrent vers la mort inéluctable à son destin, voué à se terminer prématurément. Mourir est inscrit à la naissance comme un fin en soi. Ayant vécu dans la pénombre de l'obscurité de sa vie, Marie-Jo avait évalué le temps imparti par la vie à laquelle elle était consacrée. L'éternité n'aurait pas suffit à la plénitude de son existence. Marie-Jo aspirait inconsidérément à en finir avec un monde auquel elle n'appartenait pas.Vivre lui était fort difficile, notamment sans amour. Son seul amour fut celui que lui prodiguait sa propre personne enfermée en solitude. Si les vivants ne croient pas tous à la mort comme une continuité en des espaces indéfinis, Elle s'en faisait une idée suffisamment intime pour qu'elle pût être partagée avec elle seule. Marie-Jo est morte, en laissant une mémoire oubliée qui ne nourrit point les lectures des auteurs curieux. Ces quatre minutes cinquante-quatre enregistrées par elle, lors de ses fréquents monologues, fournissent les explications nécessaires à ce mal vicié à son corps qui la torturait ; d'autres nommeront ce symptôme le spleen ! Ils auraient peut-être raison de vouloir l'édulcorer en l'attribuant à Charles Baudelaire qui en souligna la sensation euphorique que le mal prodigue en soi. Jean Canal. Moi j'aime Marie-Jo. Août 2020.


Au regard attentionné que l'on devrait porter naturellement sur les lectures appartenant à la littérature classique, d'auteurs reconnus comme incontournables dans la culture littéraire, en l’occurrence française, on ne peut souffrir une écriture digressive qui se voudrait héritière d'un style inimitable appartenant aux immenses auteurs du passé (ceux qui surent déborder dans la contemporanéité), omniprésents aujourd'hui.

Du moyen-âge au XIX° siècle, la littérature prise au sens épistémologique du terme qui en est sous-entendu, s'entend, ne fit que proroger une application de la langue française au plus près de la description intuitive qui en fut faite, dans un esprit de fidélité toute subjective de ses écrivains, toujours soucieux de reconduire l'excellence.

Aujourd'hui, les grands littérateurs le savent et ne le chuchotent point dans les salons autrefois feutrés des classes embourgeoisées récemment par le fruit de la spéculation, la littérature a complètement disparu de nos auteurs contemporains qui sont tombés dans la production d’œuvres livresques, servant d'exutoire aux lecteurs névrosés, au cours de deux siècles dont l'un s'acheva dans les guerres et conflits et l'autre commença avec de faux espoirs de paix universelle !

On peut et on le doit par respect pour des figures illustres des courants littéraires du XX° siècle, (Marcel Proust étant classé dans ceux du XIX°) tenir compte de ces noms entrés définitivement dans la postérité du thème exploité depuis les dates précitées, en amont du premier paragraphe, à savoir, pour les plus illustres : Sartre, Aron, Alain, Apollinaire, Aragon -nom pas Elsa- Giraudoux, Claudel, Giono, Bachelard, Alain, Colette, Fournier, Camus, Céline, Gide, Malraux, Mauriac, Anouilh, Montherlant, Pagnol et les quelques uns qui demeurent toujours présents dans nos lectures récurrentes...

En les lisant, les relisant, au mieux les parcourant ou au pire feuilletant quelques passages fondamentaux de leurs œuvres compulsées à la hâte, vous serez fatalement interpellés par la globalité de l'excellence de la langue qui a perduré au-delà des espoirs du siècle précédent ces écrits. L'héritage littéraire est intact autant chez Camus que chez Céline (deux auteurs majeurs) qui préservent la langue de déviationnisme, tout en lui attribuant une manière d'expression toute personnelle, nettement définie par le style découlant de cet esprit littéraire, propre à chaque grand écrivain.

Certes, ailleurs, chez d'autres ayant évolué à la Lumière de l'héritage historique du XVIII° siècle, « Les Nourritures terrestres » trouvent leur signification dans le « De natura rerum » de Lucrèce. Et il en est pratiquement de même pour d'autres œuvres de la littérature classique où apparaissent évidentes les comparaisons de Théophraste avec La Bruyère, La Fontaine avec Ésope, Racine avec Eschyle, le Roman d'Alexandre avec l'Iliade, des traces de Sophocle dans les tragédies raciniennes, etc.et cætera.

L'inconscient collectif influencé, cependant, par les lectures, la culture prise dans sa globalité, notamment aujourd'hui, où celle-ci se nourrit avec voracité de l'audiovisuel et de tant d'autres plates-formes de médias en ligne, cet inconscient collectif eut également une incidence, jadis, quand nos auteurs classiques se nourrissaient, idem, de lectures fragmentaires d'auteurs anciens, issues du Grec et latin classiques !

« Le jeu de la feuillée » de Adam de la Halle, oublié aujourd'hui de l'ensemble des exégètes du Moyen-âge, demeure d'une rare beauté dans les sentiments qui y sont évoqués par le maître à son ami à qui il confit ses déboires amoureux à l'égard de son épouse... dans laquelle, il ne retrouve plus les traits de sa jeunesse. (à lire, impérativement). Cet ouvrage s'inscrit dans les plus beaux écrits d'amour de la langue française, répertoriés dans quelques ouvrages restreints, ici, cités pour l'exemple : « La Belle du Seigneur », « Aimée », « Aziyadé ». Ne recherchez pas de l'amour, là, où la sexualité débridée joue son rôle omnipotent...vous ne ferez qu'assouvir une manifestation hormonale spontanée qui appauvrira le sentiment d'amour immense dont vous avez besoin !

« On ne peut prétendre au titre de littérateur... » Diderot, correspondance. Le philosophe auquel l'Encyclopédie doit tout (l'initiative d'éclairer le peuple et la bourgeoisie restée éternellement ignare), s'évertua de combattre par ces écrits la société de son époque, notamment l'Ancien Régime. Il dressa un plan des universités avec des recommandations strictes pour parcourir des études de Lettres : le grec et le latin conjointement étudiés, contrairement aux réformes françaises, ayant relativisé leur aptitude jusqu'à réduire ce savoir à un balbutiement dans les sections d'études lycéennes où « on » ânonne lesdites langues...

Triste état de la littérature, penserez-vous, sans que vous ayez pris le temps de consulter ce qui subsiste encore de votre esprit critique, laquelle a été réduite à la spéculation, donc, de la production dite littéraire que l'on présente, chaque année, comme un événement impérieux dans le temple des Lettres françaises ! La « Rentrée littéraire » reconnaît tout ce qui s'écrit de publiable au sein des grandes maisons d'édition, comme un intérêt commercial lisible : le tout chapeauté par un système de critiques journalistiques, dont certains sont formés dans le vide abyssal de l'abnégation du beau (lire les Ennéades de Plotin, quand bien même vous n'y comprendriez goutte...), -hissez péniblement sur le piédestal de la consommation éditoriale- très élaborées qui extraient du « lot » les meilleurs d'entre les mauvais ! Y prétendre, revient à renier les valeurs de la littérature qui comme l'écrivain (Camus) peuvent seuls siéger au temple éponyme de son titre !

Ne vous offusquez point de cette reconversion de l'écriture qui, cahin-caha, fournit toujours de bons auteurs reconnus au même titre de ces professeurs de philosophie, refusant l'intitulé de « Philosophe » par soucie de respect à cette science. La littérature existe ! Elle est le fruit de la pure création qui ne puise nullement dans des inspirations dites livresques, mais dans une vaste imagination nourrit de la réalité dont l'auteur descellera les parties tenues cachées.

Jamais Arthur Rimbaud n'aurait admis de recevoir un prix pour son œuvre littéraire, ne fût-ce qu'à titre posthume. Sa rupture avec la littérature ne doit pas être considérée comme un échec, mais comme un bras d'honneur, que je fais en son nom associant Benjamin Fondane à cette hommage posthume, dédié à tous ceux et celles (veillons à respecter la parité) qui, aujourd'hui, prétendent au titre d'écrivain, parce qu'ils écrivent des livres ! Jean Canal. Début juillet 2020.

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De nos archives littéraires

Impression de voyage littéraire. Arsa epistola (mots de l'auteur).

De mes dernières lectures, je retins ce sentiment qui me fit rapprocher mon âme de la sienne pour une balade nonchalante ordonnée dans les strates du temps ! Je ne vous y invite point, car vous m'apparaissez infréquentables. Toutefois, mon devoir exige que je vous éclaire avec de nouvelles lectures. Nous sommes ici au Café littéraire virtuel, à défaut de partager une collation de circonstance. Les cons et les connes en sont, évidemment, exclus !

Connu pour sa singularité, lu plus particulièrement des ascètes des Lettres, le personnage dont je vais vous parler, sans jamais le nommer, a néanmoins laissé des témoignages effectivement singuliers qui ajoutent à l'histoire sociale, au sens ou la littérature apporte ce complément d'information inattendu qui enrichit paradoxalement la vie de l'auteur et autant si ce n'est plus celle du lecteur. C'est sa sincérité qui lui a donné ses lettres de noblesses, sa manière d'exposer les faits et de les présenter sans fioriture en les retranscrivant à travers des récits qui détaillèrent l'époque de son siècle, laquelle émeut le lecteur jusqu'aux tréfonds intimes de sa propre vie (celle de l'auteur). Bien que ce ne soit point un contemporain, il fut le premier dans un genre qui, aujourd'hui, est exploité par une jeunesse exprimant ostensiblement ses ressentis, sous les aspects de révoltes édulcorées, formulées sous des couleurs culturelles, comme il le fit lui-même en son temps, de façon complètement différente, bien sûr ; sinon quel intérêt de conter un bref extrait de sa vie mémorable ! Dire que c'est un ami, un compagnon de voyage, au même titre que Paul Louis Courier, eût été prétentieux de ma part ! La reconnaissance que nous lui devons, nous, les lecteurs d'auteurs littéraires, est incommensurable, par rapport à la richesse des biens intellectuels qu'il nous laissa, en signe d'héritage. La postérité lui a concédé une place de choix, parmi les archives de la Bibliothèque Nationale qui préserve ses écrits à l'abri des ravages du temps ! Connaître son nom ne vous apporterait pas grand chose pour une culture qui réside plutôt dans l'histoire sociale de notre pays sous l'ancien régime ! La société actuelle semble vous sied à merveille puisque, en tout a priori, vous vous y complaisez ! Alors vain serait de vous donner son nom, comme si son patronyme vous inciterez à le lire. Le temps qui vous est imparti, vous consacre plutôt à d'autres distractions qui valorisent votre ignorance que vous semblez cultiver, au quotidien. Vous ne m'intéressez pas, hélas ! Et croyez bien que maintes fois, je fis l'effort de vous accorder un tantinet d'attention ; mais l'épuisement vint aussitôt surprendre l'importance apparente que je semblais vous accorder. Je n'oserai donc perturber cette vocation à l'inutile dont vous faite l'éloge chaque fois que vos paroles parviennent péniblement à s'enfuir de votre vocabulaire ubuesque. Bonne continuation, donc. Jean Canal. 2 novembre 2017.

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En premier, c'était les plus vulnérables qui furent frappés de plein fouet avec cette épidémie de coronavirus, en ce mois de juillet 2020. Les vieillards furent décimés en l'espace de deux mois ; avril-mai furent la période la plus noire de cette année-là  : 20 000 morts ! Déjà confinés dans les EHPADS qui présentaient tous les aspects de mouroir collectif, les vieillards s'étaient contaminés dès les premiers jours de l'épidémie, sans que les responsables ne pussent en détecter les symptômes. La propagation à partir de ces nids microbiens s'étendit de façon fulgurante vers les villes grâce aux employés vecteurs de la maladie qu'ils propageaient inconsciemment au sein de leur entourage. La suite était évidente. Une véritable hécatombe qui se solda avec 98% de la disparition des vieux de plus de 70 ans ! Les seuls survivants étaient des anciens ministres, confinés en leurs secondes demeures, situées à l'écart des villes et villages, loin des populations à risques. Les privilégiés du système, ne serait-ce que par les nombreuses villégiatures secondaires qu'ils possédaient dans les lieux les plus convoités en France, avaient pu regagner ces endroits, sans se douter que le coronavirus voyageait avec eux ! Les cimetières manquant de place, ne pouvaient plus accueillir les décès sauf pour ceux qui bénéficiaient de caveaux perpétuels. Les familles étaient astreintes à rester chez elles, le jour des obsèques, ne pouvant assister à l’inhumation de leurs proches. Les cadavres étaient alors incinérés à la chaîne, sans la présence des familles qui pouvaient contracter le virus. Les cercueils étaient déposés devant les cimetières et aux portes des crématoriums ! Un effroi s'empara de la population mondiale, confrontée soudainement à un phénomène d'impuissance technologique ! La science œuvrait en laboratoire afin de déterminer les causes exactes dont des interprétations donnaient lieu à de fantasques illustrations quelque peu fictionnelles. La chauve-souris fut considérée comme responsable de cette épidémie. Elle allait être l'animal à abattre, à éradiquer de l'écosystème dont la chaîne avait été rompue sous le faix de charges accablantes lui incombant avant cette opération d'extermination ! Le scénario puisait ses sources dans la victimisation humaine dont on tirait une conclusion suffisamment crédible pour épargner l'homme de toute responsabilité économique !

Alors que le gouvernement de l'époque avait préconisé un confinement de quinze jours, la France entière était restée enfermée chez elle sept mois consécutifs ! Avec une régularité, le gouvernement présentait les bulletins d'état faisant le décompte des morts au nombre de 700 par jour. Dépassé par la situation ne cessant de s'aggraver, le gouvernement apparaissait sur le petit écran regardé par la majorité des français soucieux de leur survie. Le Premier ministre en présence du Directeur général des hôpitaux de France dressaient le bilan d'une situation sans espoir. Les EPAD avaient été le centre de la plus importante mortalité. La concentration de personnes très âgées, fébriles, malades et incapables de se suffire à elles-mêmes avait nourri le virus qui trouva en ces lieux un terrain de prédilection de sorte à contaminer les employées. Ces dernières enclines à effectuer plusieurs déplacements, ne serait-ce qu'en regagnant leurs domiciles chaque jour, avaient également transmis le virus à leur entourage propre qui ne fit que propager le mal au-delà des distances préconisées par le gouvernement. C'est ainsi que la France, comme l'Italie et quelques autres pays de l'Espace Schengen, connurent une perte de plusieurs millions d'habitants de leurs communautés. L'économie ayant été freinée durant plusieurs mois, jusqu'à ce mois de septembre 2020, date à laquelle, je rédige ce récit épistolaire, les commerces de seconde nécessite, comme se plût à le préciser le Président, mirent définitivement la clef sous la porte ; car les aides financières promises par le gouvernement français ne purent être honorées, faute de dette intérieure du pays dépassant les trois cents pour cent du PIB (Produit Intérieur Brut). La crise économique advint donc à cause de ce Virus que les hommes avaient favorisé en modifiant considérablement la nature, sans respecter des règles séculaires de l'évolution des espèces.

Un média indépendant fit la Une, ce jour-là, en publiant « Les quatre vérités » du Covid-19, en mettant l'accent sur les économies faites sur les montants des retraites n'étant plus versés aux défunts, puisque les vieux en France avaient tous péri en sept mois ! Une nouvelle carte démographique apparut alors dans les manuels de géopolitique où la plus importante population de la France se comptabilisait par les jeunes dont l'âge ne dépassait point trente-cinq ans ! Plusieurs milliards d'euros rentrèrent donc dans les caisses du gouvernement qui réinvestit l'argent des retraites économisées dans l'avenir de la jeunesse, appelée, elle aussi à vieillir... Jean Canal. 3 avril 2020. à suivre... mis à jour le 18 avril 2020. à suivre...

«Il y en a qui écrive pour être compris, moi j’écris pour tenir à distance» Friedrich Nietzsche

Les amours balzaciennes ravissent, par les intentions qu'elles laissent suggérer et qui se formulent en des doléances sentimentales et cela bien qu'elles fussent antérieures à celles de Proust qui, par ses propres lectures de l’œuvre de Balzac, en traça élégamment une histoire adaptée à la contemporanéité de son époque. Chez Balzac, on retrouve toute la société du XIX° siècle, héritière de l'ancien Régime, cultivée jusqu'à l'avènement de Napoléon III, où l'Empire ajouta une bienveillance à la République troisième advenant après la Commune : Balzac dépeint la société dans laquelle il vit, en observant ses contemporains desquels il retire défauts, qualités et comportements fallacieux que tente maladroitement de masquer la noblesse ; le peuple, lui, ne peut cacher ses tares ostensibles caractérisant la vulgarité de la gente ! La lecture de «La Comédie humaine» d'Honoré de Balzac éloigne du monde d'aujourd'hui de sorte à en extraire une comparaison fidèle avec nos sociétés de gens actuels qui en fait pérennisent vulgairement les sociétés d'hier ! Un pur atavisme viscéral qui se transmet de génération en génération dont l'héritage perdure encore de nos jours : la société modèle les genres selon les périodes de ses époques : les courtisanes d'autrefois sont devenues de simples putes ! Les bourgeois ayant singé la noblesse, de simple parvenus ! Des relations similaires à celle évoquées dans le « Lys dans la vallée » ne relève que du roman. Et le résultat est effectivement accablant pour ces arrivistes acculturés qui se manifestent par des injonctions professionnelles illustrés moyennant des apparats de mauvais goûts. Tous les signes de notre temps en attestent pour ceux qui en perçoivent le désastre qui, il est vrai, n'est point perceptible à l’œil nu ! Balzac avant Proust, en lecture ordonné, échelonnée sur deux trois années de consécration littéraire initieraient le profane à la compréhension sociale de notre temps, tout en goûtant aux sensations de vivre en d'autres époques. Jean Canal. 03 janvier 2020.«Je ne laisserai personne dire à ma place, ce que moi seul pense ! » En écrivant, sommes-nous certains que nos propos soient bien interprétés et non détournés de la propension à laquelle nous les destinions, en les pensant ? Des falsificateurs ont des intentions frauduleuses à notre encontre, en essayant, toujours en vain certes, de détourner nos propos, nos écrits, au demeurant notre mémoire, nous accusant de parjure ! La pensée peut-elle être détournée de son fond qui demeure occulté par son intentionnelle mise en œuvre de l'auteur, et cela à dessein de la protéger de la sophistique ? Le travail journalistique, lui, doit relater les faits au pied de la Lettre, celle indiquée par la Rédaction qui dirige la voie de l'écriture et non celle de la pensée ; de là advient inéluctablement une subjectivité masquée par l'intention réelle de révéler un fait quelconque.

Aujourd'hui, qui peut se revendiquer d'une pensée d'auteurs n'ayant laissé aucun héritier digne de pérenniser cette idée suprême du savoir ?! Jules Vallés, Péguy, Bernanos, Camus et tous ceux qui appartenaient à cet esprit d'écriture enseignante, appelant à la réflexion, ayant défendu des valeurs qui ont estampillé leur siècle, ont-ils encore une incidence dans nos sociétés où les auteurs en tout genre foisonnent, délayant une espèce de vérité connue de tous ?! Ceux d'autrefois avaient un engagement idéaliste, ouvrant le champ des idées au débat des peuples. Depuis, le délayage intellectuel gravitant dans la sphère du spectacle, fidèle à Guy Debord, n'ayant laissé aucune place à ceux qui se fussent aventurés hasardeusement dans le monde des hautes Lettres françaises, la littérature s'est assoupie, sans doute essoufflée par sa propre vocation reposant sur l'instruction qu'elle dispense à sa lecture. Il fallait que l'auteur entré dans ce cercle privé apportât un savoir et une connaissance dont le devoir initial fut d’exhausser le lecteur, afin de lui ouvrir l'esprit à la critique instantanée.

Un testament trop lourd à assumer que celui laissé par les héritiers du XIX° siècle. Ils s'en étaient pourtant nourris, ceux qui l'ont remis au goût du jour dans des écrits teintés de leur présence présumée, au cœur même des valeurs sociétales qui ne furent point reconduites !

Toute la littérature ne fut cependant pas impactée par l'idée de produire une œuvre contemporaine, répondant aux besoins de lecture de quidams se persuadant d'avoir trouvé «quelque chose» qui s'adresse personnellement à eux touchant leur intimité, à l'instar d'une thérapie : la société névrotique accentue ce phénomène. C'est d'ailleurs ce dernier critère qui fait les auteurs écrire, dans une démarche spéculative de la littérature dont la quintessence se dissolve ainsi au gré d'événements correspondant à une attente collective sous-jacente. Pour d'aucuns, appartenant à cette catégorie de produits consommables, réduits à l'idée de valeur intrinsèque, il leur est loisible d'adopter une forme correspondant aux désirs de chacun, comme un principe de politique sociale qui acquiescerait la raison de l'individu considéré dans son for intérieur, comme modèle. Nous sommes là dans le pédantisme intellectuel, celui redondant dans la haute sphère médiatique que l'audiovisuel cultive à outrance, sans égard pour une morale pascalienne dont l'essentiel de la vie repose sur l'amour propre ! Et d'amour propre, vous vous en êtes volontairement privés !

Les quelques manifestations révolutionnaires qui se sont produites au cours de cette dernière année, de manière sporadique, ont démontré le vrai visage de gens jusque-là tenus à l'écart du grand débat social de la nation ; et pour cause, le peuple délègue son pouvoir de décision à des élus qui les représentent, dans le cadre dépositaire de la pensée ! Comment peut-on adhérer à une société qui cautionne l'idée suicidaire de toute une nation ayant renoncé à des valeurs, pour une fois communes, et qui furent détournées de leur sens originel ?! De surcroît, ils ont osé s'en revendiquer, dans cet élan de changement avorté ! La modification profonde de la société qui enrichirait chacun d'entre nous, réside dans cette prise de conscience de notre état général, face aux grands changements que la planète nous réserve, sans notre intervention, mais avec notre responsabilité ! Jean Canal. 19 novembre 2019.

182 jours de survie en France pour un aventurier revenu malade des pays chauds ; c'est le temps qui lui restait à vivre, condamné par une maladie contractée en Abyssinie, lors de ses longues et interminables pérégrinations effectuées sur les bords incandescents de la Mer rouge, entre l’Égypte et Aden, jusque dans le Choa. Admis à L'Hôpital de la Conception, à Marseille le 20 mai 1891, après avoir effectué une traversée de vingt jours de bateau, à bord des Messageries maritimes, il sera amputé de la jambe droite suite au diagnostic des médecins, concluant à un cancer généralisé qui ne lui laisserait aucune chance pour la continuité de son existence. C'est au cours de ces quelques mois, de mai à novembre que toute la signification de ce personnage va s'établir, révélant l'identité de l'être le plus controversé dans la littérature française, lui ayant assigné une valeur mythique qui jettera l'anathème sur les Lettres, jusqu'à en provoquer les polémiques dans les milieux intellectuels.

Aujourd'hui, année 2019, plus proche du bicentenaire de sa naissance, le 20 octobre 1854, que du souvenir du centenaire de sa mort, en 1991, l’œuvre de cet homme aux semelles de vent ne préoccupe plus les chercheurs dont la plupart s'est évertué, voire acharné, à extraire la vérité sur sa vie, son vécu et l’œuvre poétique exceptionnelle qui ajouta à la poésie française un courant nouveau en guise de souffle insufflé par une inspiration puisée au cœur de son génie.

Jean Nicolas Arthur Rimbaud a survécu à sa mort physique en transcendant son être spirituel dont l'esprit demeure toujours intact en nous ! Jean Canal. 2 septembre 2019.

Parenthèses {Donc 1969 apparaît comme l'événement musical du XX° siècle, après celui de Monterey en 1967, toujours aux Etats Unis. Sans aucun doute jamais plus l'atmosphère particulière de Woodstook ne se dégagea des festivals en post date de ce phénomène Hippies ! Aujourd'hui, certains s'y découvrent une identité, peu s'y retrouve et d'autres, beaucoup plus jeunes, encore frais émoulus, s'identifient à ce rassemblement pour la musique, dans la paix et l'amour : Peace and Love ! Pour comprendre une telle manifestation il aurait fallu la vivre, un peu comme 68 (tous ne firent pas 68 en cette année...). On ne refait pas ce genre d'histoire qui n'a lieu qu'une seule fois en un siècle. En visionnant à nouveau le film en son entièreté, je compris que l'absence des Stones, de Pink Floyd, Led Zeppelin, The Doors, The Beatles et Bob Dylan prédestinait l'avenir de ces groupes mythiques entrés dans la postérité. Et c'est tant mieux qu'ils ne fussent pas venus à ce rendez-vous de musiciens humbles et demeurés modestes au cours de leur existence et carrière, certes brève pour Jimi Hendrix. Peut-on dire que la mémoire aura retenu tous ceux qui se sont produits sur cette scène champêtre devant un public qui les a surpris par l'authenticité identitaire qu'il incarnait en Amérique, cette année-là ! Je m'y suis vu quelque part, parmi ceux que je considérai étant mes frères. En 1975, j'assistai à mon premier concert au théâtre antique d'Orange : Procol Harum, Tangerin Dream et tant d'autres défilèrent sous mes yeux, alors que j'étais plaqué contre les rochers, avec trois Hello Sunshine pour la durée de ce premier voyage musical. J'ai continué les festivals, sans drogue, avec un appareil photo, couvrant la scène du Paléo, notamment ! Bien que ne l'ayant pas vécu, Woodstock me manque énormément, dans cette société de merde où les cons sont majoritaires ! Il va falloir me contenter de l'hécatombe climatique comme dernier trip, et de mon passé comme nourriture culturelle. Et vous savez quoi ?!  Plus ça va, je vous emmerde plus aujourd'hui que hier et encore moins que demain ! Salut.} Jean Canal. 21 septembre 2019. Photo : Jean Canal 1973. A lire, cette nouvelle signé par son auteur dont le titre révèle le contenu.

Si je devais sincèrement tenir compte de la relation humaine que je soutirerais de l'écriture, il y a longtemps que mon écriture serait conventionnelle et flatterait votre ego. Pour préserver cette liberté qui m'est chère, plus que l'Amour, que je connus, je me dois de respecter mon être en lui donnant toute satisfaction, dans l'écriture : une espèce de jouissance qui me permet de me tenir distant de vous, de crainte, avoué-je, de perdre cette maîtresse qui chaque nuit me réveille pour partager des instants de passions effrénées et que j'ai nommées : Littérature ! Je ferai donc, dans quelques années, avant que ma mémoire devienne labile, une réécriture complète de tous mes ouvrages que j'ai bâclés, lors de leur rédaction, excluant les torchons comme "Le Roman de la Louge" écrit à Bachas 31420, quand, stupéfait, je découvrais le populisme et "Les Gens d'ici", pamphlet rédigé à Mirepoix, 09500, avec l'encouragement d'une certaine population, désireuse de dénoncer les cons du Bourg. Bref ! Comme Jean-Jacques Rousseau qui abandonna ses enfants, je réécrirai mes livres jusqu'à en atteindre l'idée que je me fais de la perfection. L'essentiel est de savoir avec précision où les passages sont à refaire. 

Bien que n'étant pas un lecteur de Friedrich Nietzsche, je me sens proche de l'idée qu'il se faisait de l'écriture. En fait, écrire pour les autres revient à dévier de la propension idéale qui nous anime. Il faut plaire aux autres pour en être accepté ?! Je préfère terminer ma vie avec les relations sûres que j'ai contractées, au fil de ces vingt-cinquièmes années, depuis mon retour en terre toulousaine ! Et comme mon caractère ne s'arrangera pas de si tôt : je rappelle aux cons que je les emmerde plus qu'hier et moins que demain ! Salut. Jean Canal. 19 juillet 2019.

RÉCIT D'UNE RENCONTRE

Dans le désert avec Jean Canal. Un tableau naturaliste de la France du Moyen-âge d'aujourd'hui

RÉCIT D'UNE RENCONTRE
Dans le désert avec Jean Canal. Un tableau naturaliste de la France du Moyen-âge d'aujourd'hui

2° moitié du XII° siècle ; c'est la date qui est donnée pour situer dans un temps comptable ce buste en marbre blanc réutilisé par le sculpteur pour accomplir cette œuvre d'art (la valeur de cette pierre réemployée à partir d'une sculpture ancienne atteste du respect que le matériau inspire à l'artisan -l'artiste-, en ce temps-là). Derrière la tête, est encore perceptible une feuille d'acanthe ciselée qui, nonobstant la valeur intrinsèque qu'elle représente, dénature le sujet, enclin à en accepter les règles de mise en forme pour son portrait. Probablement que le coût de la réalisation de cette sculpture devenait moins onéreux, lorsque elle était effectuée sur une pièce de pierre déjà façonnée.

L'endroit est donc indiqué par cet indice symbolique qui symbolise le lieu où je me trouve actuellement. Il est une histoire, ici, remontant jusqu'à Charlemagne, par l'alliance qui l'attache à un parent illustre venu s'installer en ce lieu où il trouva la paix intérieure, après avoir guerroyé durant suffisamment longtemps pour y accomplir une vie spirituelle... Il suffit d'arpenter le village qui siège sur les hauteurs d'un cours d'eau se jetant, en contre-bas, dans la méditerranée régionale, pour saisir aussitôt l'intérêt du choix géographique dudit moine... Pourtant, après m'être entretenu avec la responsable du Musée où trône la tête sculptée, isolément des autres pièces présentées, j'appris que cette femme était sans identité. Et que l'endroit de sa découverte n'attestait pas forcément de son appartenance géographique. A mon regret, je ne saurai jamais qui elle fut... Alors je vais en faire mienne, au détriment des préposés aux monuments historiques excipés en cette salle où se réunissaient les moines bénédictins ! Une légende née d'elle-même, comme tout récit fait à l'égard d'un héros, ayant réellement existé, lequel se distingua non pas par sa bravoure auprès de Charlemagne, mais par l'extraordinaire vie qu'il mena à titre de bénédictin, en ce lieu demeuré toujours pieux. Ci-dessous, extrait du texte du Charroi, lequel évoque la vie de l'illustre moine soldat :

Vet s'en Guillelmes ? sa conpaigne bêle.

A Deu comande France et [Ais] la Chapele,

Paris et Chartres et tote l'altre terre.

Elle n'est pas d'une grande beauté, comme les peintures latines où les couleurs ajoutent aux femmes ainsi dépeintes. Une certaine autorité émane de son visage semblant poser sans timidité aucune avec, toutefois, une résignation à vouloir être reproduite obstinément, dans sa réalité existante, sans aucune fioriture pour l'embellir si ce ne sont les cheveux disposés en diadème orné d'un bijou, aujourd'hui disparu. L'absence de la pierre précieuse sur sa coiffe, disposée au centre du front, comme la représentation du troisième œil indien, trouve sa signification dans l'héritage oriental rapporté par les récits anciens. Une telle personne aujourd'hui n'attirerait personne ; seuls des curieux malveillants y trouveraient un regard inquisiteur, décrivant ses défauts, recherchant intentionnellement des traits disgracieux, accentuant une négligence vestimentaire, allant même jusqu'à lui reprocher une laideur cachée. On ne peut même pas imaginer le ton de sa voix, ni son accent, mesurant par son langage la richesse du vocabulaire employé et déduire le niveau de culture acquis, au demeurant deviner son caractère, non pas ceux de La bruyère, mais plutôt ceux pertinemment décrit par Théophraste, lesquels, ici, ne manquent pas de faire sourire lorsque se manifestent crûment des autochtones à l'identité de circonstance.

Aucune archive pour nous éclairer, si ce n'est des interprétations de chercheurs en la matière qui déduisirent de son état un historique. Appartenait-elle à la haute bourgeoisie ou l'aristocratie ? Seuls les gens fortunés pouvaient prétendre à figurer de cette manière dans la représentation artistique de leur personne. Les artistes étaient sollicités pour accomplir des chefs d’œuvre. Et les fondements du savoir et de la connaissance reposaient entre les mains de Compagnons qui ne transmettaient leur savoir-faire professionnel que sous des conditions précises, respectant scrupuleusement des règles de morale spirituelle, de stricte application conforme à des codes de déontologie. Un lien étroit entre la matière et l'humain était proche de celui de certaines peuplades qui communient avec les arbres avant de les couper. Évidemment, nous ne pouvons que constater que cette pratique est tombée en désuétude de nos jours pour des raisons de nécessités conjoncturelles ! Les vicissitudes de l'existence, en effet, répondent à des impondérables auxquels déroger présente des risques économiques pour la pérennité de l'artisanat ! La pratique de ce dernier métier en a définitivement perdu le sens artistique au premier degré, au profit d'un esthétisme contemporain en écho aux prérogatives des marchés, repoussant ainsi les limites qui ont éloigné l'être de la matière. Bref !

Ici, c'est une femme, jeune, témoignant de l'histoire du passé, qui m'interpelle et convoque en moi une attention toute pertinente pour des raisons entièrement personnelles, s'entend ! Son visage pose innocemment pour la postérité d'un site dont l'exception naturelle valorise encore l'édifice religieux qui lui tient de Réfectoire monastique. Ainsi, son visage quelque peu oblong, les traits détendus, laissant présager d'un contentement que ses lèvres ébauchent timidement, nous livre une autre réalité complètement disparue de nos jours, lorsque l'on découvre, avec stupéfaction, que l'ordre religieux qui régnait avec sérénité, depuis des siècles, a été spolié de la spiritualité dominante pour une économie de marché impitoyable !

Les "marchands du temple" occupent les lieux complètement désacralisés, entièrement vidés de leur substance spirituelle, au pis culturelle, au nom du profit artificiel de marchandises importées et fabriquées en série à très bon marché, à raison ubuesque d'être revendues à des prix triplant souventefois celui de l'achat initial (le pire, ô blasphème ! reste leur provenance...) ! Nous sommes proche de la spéculation pratiquée en la cité de Carcassonne où pas un article vendu par ces mêmes marchands, ne reflète la culture artisanale locale, confinée en les marché de plein vent. Et pour ne point polémiquer sur des lieux cultuels encensés par un attrait mystique, nous oublierons respectueusement Lourdes ! Il faut se tenir à l'écart de ce mercantilisme et notamment de tous ces gens qui le pratiquent avec des intentions fallacieuses, éconduites dans un esprit dénué de moralité intellectuelle (on premier sens du terme), pour le simple profit du gain ! Sans aucune honorabilité profonde, les marchands du temple spéculent sur leur propre devenir, sans évaluer les conséquences avenir de leur pratique, répercutant ce mal sur des générations acculées aux crises pérennes dues à ce déséquilibre. Ce corporatisme marchand est doté d'une force de conviction qui élimine tout développement artisanal, lequel se replie en des formes industrielles avérés par le profane qui, inconsciemment, cautionne son développement ! Le résultat de l'économie de marché, solde la valeur intrinsèque de l'article, de l'objet et de l'être, vendu de telle sorte à en dévalorisant sa spécificité. Et ceux qui tentent de résister à cette pratique, s'appauvrissent matériellement certes, mais peuvent être fiers de manufacturer un produit respectueux de la hiérarchie professionnelle d'usage dont les fondements puisent leur ressource au cœur même de la vérité. Ils s'élèvent de ce fait, vers une autre lumière où la luminosité rayonne en permanence sur l'humanité toute entière.

Un minois donc dénué de sensualité, certes, mais significatif d'une période du moyen-âge révolue dans l'esprit inanimé des visiteurs en partie aspirés par la longue marche vers l'absolue vérité toujours introuvable. Quête éternelle que l'homme se donne à travers ses pas suivant les traces de ceux qui l'ont précédé dans la recherche de l'origine de l'humanité : "pax tecum sit." A lui seul ce buste incarne toute la vie du haut moyen-âge qui se dessine, en ce lieu demeuré, malgré les guerres de religions qui en détruisirent une majeure partie, spirituel, au-delà de la spéculation culturelle qui en est faite par des individus avides d'en exploiter les fonds historiques ! Ici, le désert est occupé en permanence par ceux qui désertent les villes pour recouvrer une nature protégée de la main destructrice de l'homme âpre au pouvoir séculier. La réalité doit faire place à un effort d'imagination pour se retrouver en une période historique circonscrite dans la conquête de l'âme au seul profit de soi-même et de ces prochains qui en auront hérité la paternité. Le spirituel repose en ce buste ciselé dans le marbre, incarnant la paix dans un monde ayant suffisamment baigné dans la sérénité éternelle, aujourd'hui à jamais perdue !

Si l'on considère les lois humaines comme prévalant dans le jugement intellectuel qui est porté sur les sociétés modernes, il faut en déduire que la raison du rationnel prédomine sur la foi du spirituel, en un monde meilleur, plutôt consacré à une espèce de culture de l'hédonisme, sous toutes ses formes...à suivre. Jean canal*. 10/11/12 mai 2019.

*Nota-Bene : ce récit est interactif, en ce sens qu'il est rédigé, corrigé et remanié selon l'inspiration, au même titre qu'une feuille de brouillon sur laquelle le rédacteur appliquerait des corrections, grammaticales, lexicales, augmentant son contenu. Donc. A suivre.

Je vous écris de là-bas...

Je vous écris de là-bas pour vous avouer que vous ne me manquez point. Ma mémoire a définitivement effacé vos noms et visages que je ne saurais plus reconnaître, s'ils se présentaient à moi. Une espèce de complète indifférence à votre encontre est venue s'instaurer en moi de façon très naturelle, en me convainquant que vous n'avez jamais réellement représenté une valeur quelconque pour mon être. Je n'irai donc, ni à vos anniversaires, ni à vos mariages, ni a vos baptêmes, ni à vos divorces et encore moins à vos obsèques. Évitez, je vous prie, de me solliciter pour une quelconque invitation qui aurait de l'importance à vos yeux, sous prétexte qu'il vous ferait plaisir de m'avoir à votre table (d'ailleurs, vous ne savez point cuisiner et les vins que vous choisissez sont sélectionnés par rapport à leurs prix et non leur cru! Et s'il vous arrive de tenter une confection culinaire, vous réduisez la qualité des produits achetés trop bon-marchés pour être honnêtes... -restez donc entre vous : les gens que vous fréquentez, vous ressemblent, formant ainsi une communauté stéréotypée.) Vous savez pertinemment que quand on est mort, ceux sont les vivants qui vous reprochent de ne pas l'être ! Et si jamais vous n'assistiez pas aux miennes, d'obsèques, on vous le reprochera ! Tandis que moi, je vous inciterais plutôt à vaquer à d'autres occupations plus réjouissantes, vous évitant des faux frais chez le fleuriste du coin et des coûts de carburant en hausse ! Bref ! Le jour dit, faites-vous porter-pâle... Bien à vous, Jean Canal.

Ce ne fut que le lendemain matin, après avoir cheminé une longue durée de la journée de la veille, sous les pluies froides de l'automne, en ce mois de novembre, que la neige m'apparut sur le pas de ma porte, quand après une nuit de sommeil, les montagnes que j'avais traversées étaient alors recouvertes de neige. En m'étant endormi, le soir à proximité du poêle qui avait ronronné toute la nuit, j'avais ressenti, en effet, le changement de température survenu subrepticement, au milieu de la nuit, en me réveillant pour ajuster mon duvet qui avait fini par glisser du lit. J'eus cependant le courage de me lever, la maison étant suffisamment chaude pour que je le fisse, afin de me préparer le thé vert que je bois régulièrement depuis presque trente années. Il se présente sous forme de vraies feuilles récoltées sur les hauts plateaux de l'Asie, lesquelles infusent suffisamment longtemps pour que se dégage un goût prononcé caractérisé par une amertume. Je le sucre, bien sûr et lui rajoute un nuage de lait entier en poudre. Tous les produits que j'utilise sont naturels et estampillés bio que certifie Ecocert. C'est un plus pour moi de savoir que j'ai déjà refusé l'empoisonnement de la nourriture depuis vingt ans. J'étais seul dans cette immense maison composée d'une cuisine, d'un salon et d'un escalier qui desservait trois chambres, les latrines et salle d'eau étant situées en bas. Les perspectives qui se dégageaient de mes fenêtres se confrontaient aux monts enneigés culminant à plus de trois mille mètres d'altitude : nous étions dans les Alpes de Haute-Provence. Quelques arbres se trouvaient sur la propriété : pommiers, poiriers, noyers, cognassiers et pruniers fournissaient l'essentiel des fruits locaux. Le village étant situé juste en contre-bas, il suffisait de descendre les ruelles pour tomber sur la place du marché de plein vent du vendredi. Le village n'avait point de charme historique, si ce n'est la forteresse qui le surplombait sur les hauteurs. Vauban avait été dépêché pour fortifier ce point stratégique qui était sujet à des attaques ennemies fréquentes, donnant lieu à des pillages fréquents. Barcelonnette, la ville mythique des exilés du Mexique, se situait à quarante kilomètres. Digne les Bains à une équivalente distance à celle qui vient d'être évoquée. J'étais tombé dans ce trou par hasard ; suite à des circonstances familiales. Et c'est la solitude du paysage et cet air que l'on sentait surchargé d'oxygène qui firent que je finis par m'habituer à cet endroit. Je ne fréquentais personne et réglais mes rapports avec la gente locale de manière brève et courtoise ; ne m'enquérant sur aucun sujet. Je passais mon chemin esseulé, sans regret sur la vie qui s'en allait et sans aucun véritable remords sur ce que je n'avais pas eu le temps ou bien la possibilité de réaliser. On venait au monde seul et on mourait sans personne. Je ne voyais aucun intérêt à continuer à m'ennuyer dans une société étriqué de bon sens. Et les événements quotidiens ne faisaient que confirmer ce que je constatais moi-même par des observations synthétisées à partir d'éléments valorisés et mis en exergue par nos éminents intellectuels dont la pensée nous éclairait ; du moins pour ceux qui leur conféraient confiance et vérité. De plus, Il était loisible de comparer leurs analyses avec la vie de tous les jours et le contexte social.

It will be my last travel. Le dernier voyage qui me permettra de remonter le temps jusqu'à une époque précisant où il s'était arrêté ! L’Érythrée est donc redevenue un port d'escale pour ceux qui fuient l'Europe pour les paradis artificiels. Charles Baudelaire en eût donné une autre version, plus spirituelle que celle que j'entends vivre. L'Occident est devenu une terre hostile, un territoire sans de vrais paysages, sans même une certaine authenticité des genres, comme le sont ces villes de l'Afrique du Nord occidentalisées. Il est des départs vers l'inconnu qui marquent définitivement l'abandon de la modernité contemporaine, et non celle qu'ont évoqué les grands voyageurs du XIX° et XX° siècles. pierre Loti, Victor Ségalen, Henri de Monfreid, Joseph Kessel et l'intrépide homme aux semelles de vent : Arthur Rimbaud ! Et il n'est point question de repartir pour rédiger quelques mauvaises notes de voyage, afin de nourrir les salons parisiens de bavardages intempestifs, accentués de rhétorique désuète ! Non ! Il faut aller de l'avant ! Ne point se retourner sur son passé et les gens qui vous ont soutiré de l'énergie ! A bientôt de vous écrire. Jean Canal. Ce vingt sixième jour d'octobre de l'automne 18. 

Je n'ai pu faire halte à Massawa, car le capitaine du navire n'avait pas pu obtenir les autorisations de la part des administrateurs érythréens pour accoster, ne serait-ce que pour profiter des agréments du port, le temps d'appareiller. Un hôtel italien, en souvenir de la conquête mussolinienne avortée en Éthiopie, répond aux fastes recherchés par les occidentaux qui désirent goûter aux mets traditionnels du pays tout en éprouvant la sensation de ne point avoir quitter l'Europe,terre mère patrie ! En effet, l'aménagement de cette enseigne prestigieuse par son histoire, reposait sur des spécificités propres à la vie des classes moyennes menées la plupart du temps dans les capitales européennes :piscine, collations alcoolisées et repas servis dans un cadre reproduisant l'architecture italienne, à l'époque glorieuse du fascisme. Pour agrémenter l'enseigne emblématique de la ville qui servait d'unique point de rencontre entre occidentaux en voyage, les propriétaires du lieu avaient soigné le confort dont l'important était de recouvrer une équivalence de fraîcheur, artificiellement reproduite par les immenses ventilateurs suspendus aux plafonds, brassant l'air chaud et humide de cette région austère d'Afrique. C'est donc du large que j'ai pu revoir, où du moins reconnaître, la côte de cette Afrique orientale où il y a désormais plus d'un quart de siècle maintenant, je traînai mes guêtres, entre Obock et Tadjhoura la blanche, au demeurant Djibouti. La cathédrale Saint Mariam que l'on peut apercevoir en arrivant dans la baie est intacte, elle n'a subi aucun dommage des guerres qui se sont succédé contre l’Éthiopie depuis les années soixante. Nous avons pu nous ravitailler, nonobstant ce contre-coup à notre itinéraire, à Obock où la garnison militaire de la 1er compagnie de l'infanterie de marine française nous fit bon accueil. Ce n'est que le surlendemain, sans pouvoir rendre visite au gouverneur de Djibouti, que nous arrivâmes à Zanzibar, après avoir longé les côtes africaines d'une distance suffisamment lointaine pour ne pas subir les éventuelles attaques des pirates (notre bateau est difficilement abordable). Je vous raconterai les rencontres que j'ai faites au cours de ce voyage, dès que le temps me le permettra ; car la chaleur, bien que plus douce ici, ralentit nos activités et ces dernières prennent des allures nonchalantes... Jusqu'à 30 degrés Celsius à Zanzibar toute l'année, contrairement à la Corne de l'Afrique où 40 à 50 degrés sont fréquents. La vie y est donc moins pénible.

En fait, nous devions partir de Gênes, l'autre port italien qui assure les destinations vers la Mer-rouge, via le Canal de Suez ; mais avec l'effondrement du pont autoroutier qui fit plusieurs victimes, l’embarcadère fut, en conséquence de cette tragédie accidentelle aux conséquences sociologiques graves, fermé. Les retards dus aux livraisons des entrepôts ont perturbé les échanges commerciaux et, de facto, ont réduit la fréquentation du port de marchandise ; les départs sont différés vers des ports situés à Malte, Grèce ou/et Marseille. Le pays tout entier est en émoi. Les Italiens sont en deuil ! La nation est consternée par cet accident !

Nous avons dû prendre le cargo affrété pour les marchandises en livraison à Madagascar, lequel accosté à Marseille, prend quelques passagers qui ne daignent point souffrir de l'inconfort des voyages effectués en cabines ordinaires. Cela ne vous a pas échappé, je présume, après Djibouti, et les côtes de Somalie se dessine la Tanzanie, en dessous du Kenya. La république de Zanzibar est en fait une péninsule vivant essentiellement de la pêche et de la culture du clou de girofle qui fit la fortune de l'empire anglais. Les Sultans d'Oman occupèrent jusqu'à la fin du XIX° siècle ledit territoire. Puis un protectorat anglais abolit l'esclavage pratiqué par les arabes avec les africains. Ce n'est que vers les années soixante que la République fut proclamée, assurant aux autochtones leur autonomie. Dar es Salam est géographiquement en deçà sur la côte africaine, tandis que Zanzibar dont la capitale au nom éponyme a conservé son architecture ottomane et anglaise, jouit d'une certaine indépendance préservant les traditions et cultures ancestrales. Située au large des côtes de la Tanzanie, à environ 30 kilomètres, cette position lui permet de sauvegarder son indépendance au regard de la Tanzanie. Le pays est musulman. Ce sera l'occasion pour moi de terminer la lecture du Coran dont je suis en train de tirer une étude religieuse comparative avec l'ancien et le nouveau testament. Je vous envoie une photographie du cargo de marchandises que j'ai emprunté pour arriver jusqu'ici. Il est, en ce pays, pratiquement impossible de capter France Culture. Heureusement pour moi, j'avais enregistré tellement d'émissions que les brèves années qui me restent à vivre ne suffiront pas à combler le vide culturel de mon intellect ! La photo de gauche est prise de l'intérieur d'une demeure appartenant à un haut dignitaire musulman qui me donne l'hospitalité. On ne rencontre plus cette culture en occident, qui pis est en Europe où l'individualisme a complètement éradiqué les relations de fraternité sociale. Nous reviendrons sur ce sujet, lors de mon prochain courrier. 

Les maisons coloniales laissées par les britanniques et revalorisées par les autochtones marquent l'empreinte d'un passé quelque peu nostalgique de la vie aventureuse que d'aucuns menaient dans l'insouciance des lendemains et quelquefois indépendamment de la volonté de situation sociale honorable qui eût pu valoriser leur existence ! Ces gens-là dont je crois en fait faire partie, par l'évidence des choses, ne se soucient guère de la mort, si ce n'est à l'égard de ceux qui resteront en préservant leur nom de l'oubli général -comme une espèce de postérité puérile. La modernité fondée sur le progrès n'a pu, ici, définitivement éradiqué les ferments traditionnels de la société, de cette société où les femmes sont toutes voilées, laissant paraître leur jolie visage, semblant être libellées sous les traits évident de la liberté qu'ici on cultive naturellement. Un islam modéré ou bien un islam simplement exercé selon les sourates coraniques, en prenant à la lettre la pensée du prophète, sans tenir compte des interprétations erronées qui le détourne de la vérité. D'ailleurs, les musulmans que je rencontre ici, n'ont rien de commun avec ceux d'Europe et qui pis est de France, où une attitude dévoyée les caractérise, en défaut aux écritures saintes. La prépondérance de l'islam est illustrée, ici, par le nombre de mosquées toutes en activité, dans un esprit modéré des lectures des sourates prophétiques. Arabes et africains se sont mélangés aux côtés des comoriens et des indiens venus commercer, en cet endroit reculé, loin dans un Océan Indien isolé du monde commun.

En admirant les doves que l'on nomme également boutres, j'assiste à une scène du passé gardée intacte. Ces barques légères sont toujours construites en bois de palétuviers qui poussent dans les mangroves. Ces bateaux en voile latine, assurent la pêche en mer pour des habitants vivant pratiquement du poisson comme nourriture première.

Bien à Vous, votre ami fidèle. Jean Canal. 26 août de l'an mil neuf cent dix-huit.


Le lundi, ici, est jour de marché plein-vent. Les marchands spécialisés en vente de productions locales s'y apprêtent, aux côtés des vendeurs habituels de produits manufacturés, en des emplacements assignés par l'autorité magistrale de la commune. On y trouve, hormis les quelques originalités culinaires apprêtées sur place, tous les fruits et légumes de saison, fraîchement cueillis la veille, voir le matin-même par les vaillants paysans du coin. Miel, vins, pains artisanaux naturels et plats cuisinés sur les stands foisonnent de telle sorte à combler un chaland important qui se rue chaque second jour de la semaine en cette manifestation attendue par tous ! Et on les comprend, puisque vers le coup de midi, les caisses sont vides, les fromages vendus et le pain s'est vidé de ses présentoirs.

Ayant observé quelques minutes de pause temporelle, en une attitude nonchalante qui caractérise naturellement ma personne, j'assistais alors à un spectacle rare en ce lieu peuplé d'autochtones, d'indigènes et de marginaux en déclin intellectuel, pour ne pas dire culturel, réfugiés, les uns autant que les autres, en des domaines superficiels de paradis éphémères. M'apparut soudainement la muse d'autrefois qui vint passer sous mon regard évanescent, n'espérant plus, depuis longtemps, en revoir sa silhouette restée cependant fluette. Elle déambulait avec grâce d'étal en étal sans s'attarder sur les présentoirs des vendeurs, et sans ne jamais poser ses yeux d'amour sur les miens dont la couleur avait terni, avec le temps. D'ailleurs je n'eusse rien espéré de la belle, n'ayant jamais formulé de prétention amoureuse qui eût l'audace de conquérir son cœur. Il appartenait désormais à un autre, honorant sa beauté à sa juste valeur toujours inestimable pour ma pensée. Elle disparut comme elle fut venue, au détour de mes rêves qui me l'emportèrent loin de mes souvenirs. Il me resta durant un bref instant cet éternel regret de n'avoir pas trente années de moins, au pis vingt, pour rivaliser avec les prétendants. Elle incarnait tout ce que j'avais aspiré en une femme ; jusqu'à en renier les trois officielles qui m'avaient donné moult amour. Puis, une autre arriva à son tour. Celle-ci, plus affermie dans son caractère trempé, dégageait la force que les hommes connaissent chez des femmes au tempérament affirmé ! Une espèce de féminité avec laquelle il faut condescendre dans un genre humain qui exige des critères hauts en couleur... La blondeur de ses cheveux rayonnait sous les rayons matinaux du soleil qui enveloppait toute sa menue personne bien faite de la tête aux pieds légers semblant l'arracher à mon rêve éveillé du matin, traversé par sa fugacité caractérielle : une autre merveille, ciselée pour l'amour ; et tans pis pour les hommes qui ne l'ont pas saisi ! Tout son corps présentait des formes affinées, affermi par la musculature discrète des membres, suffisamment proportionnés pour que les parties de son galbe fussent mises en valeur en une juste mesure, révélant toute la sensualité que la belle possédait en son corps. Elle était faite pour l'amour sauvage...

Hélas, ravissant à elles seules les rares places convoitées par le gente féminine rurale, subissant les affres des épreuves concurrentielles, ces deux merveilles, strictement différentes dans leurs traits et caractères, incarnaient la beauté grecque ciselée par Phidias.

Je repartis en mes pénates avec le sentiment d'une immense satisfaction de les avoir vues, afin que mon regard les promène au-delà du présent. Jean Canal*. Lundi 20 août 2018. Ariège. *En revenant irrégulièrement sur ce texte, au gré de nouvelles inspirations, je lui trouverai d'autres définitions qui s'échapperont de la réalité ainsi relevée à brûle-pourpoint et sur laquelle on se doit de revenir afin de lui donner une autre tournure propre à la propension idéaliste que j'ai soutenue et, au demeurant de ma destiné, consciemment cultivée, à vau l'eau des courants hostiles de la popularité mercantile du lieu !


HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

En achevant avec opiniâtreté un roman sur la guerre d'Espagne signé par Bernanos (j'avais lu l'Espoir de Malraux) -du côté des Républicains (No Pasaram) j'eusse été- je me jetai sur un autre livre écrit sur Gerda Taro, la compagne de Capa. La première page est fictionnelle et déroute le lecteur s'il ne connaît pas la photographe.Tous deux parmi deux cents intellectuels, artistes, écrivains et militants de la liberté, venus de tous les coins du monde, trouvèrent la mort dans des conflits armés. Gerda Taro mourut en 1937 en Espagne et Capa en reportage au Viet Nam en 1954. M'apparut alors en souvenir l'affiche rouge. Mon père était résistant en Haute-Savoie, à cette époque, sous les ordres du capitaine Morel, assassiné par la milice ! On devrait ériger des monuments aux traîtres à côté des monuments aux morts, rendant leurs noms public... D'emblé une espèce de nostalgie s'empare de moi, lorsque je me retrouve dans la guerre d'Espagne : Mourir à Madrid demeure un chef-d'oeuvre du genre. 

LES BORDS DE MER. Une station balnéaire commune qui pourtant n'a absolument rien à envier aux autres qui se targuent de vouloir ressembler à leurs consœurs, (se copiant les unes les autres) constamment en rivalités les unes aux autres, sur la côte autrefois nommée d'azur, le béton sur le goudron ayant eu raison des bords de mer sauvages colonisés par les constructions d'architectures idiotes, sensées apporter une synergie à ces lieux désertés en hiver. Le Cap d'Agde qui n'en finit pas de se surprendre lui-même par une espèce de mégalomanie exponentielle en matière architecturale très prétentieuse, est consigné dans les registres haut de gamme par une fréquentation de personnalités brillantes, non par leur niveau intellectuel ou culturel, mais par un mode de vie aisé, débordant d'opulence (ça pue !). En cet endroit, il est de bon ton de suivre la mode et de s'affubler des derniers modèles de prêt-à-porter en vigueur sur les plages. Un paradoxe cependant, l'insalubrité se caractérise par des crottes de chien foisonnantes et des poubelles accusant un trop plein permanent ; quant à la circulation automobile, elles est saturée, par manque de place. Et si vous voulez manger du poisson frais du jour, eh bien levez-vous de bonne heure... Seul le camp de nudiste n'est point à mettre en cause, pour une fois, puisqu'ils vivent entre eux en conformité d'une éthique cultivée en douceur... La station dont j'évoque les bienfaits et où je me trouve, est un lieu de cocagne. Ce n'est point ici que vous vous ferez agresser ou voler. Le service de sécurité qui n'est autre que la Police Municipale assure une permanence de jour comme de nuit avec un professionnalisme correct ; sans plus ! Des caméras invisibles sont dissimulées en des parties intégrées dans son infrastructure. C'est familial et le lieu n'a presque rien perdu de son charme d'antan ; quelques demeures anciennes trônent discrètement en des écrins de verdures arborés de pins parasols magnifiques. Les plages sont nettoyées chaque jour et le sable y est drainé afin d'extraire les détritus que nos bons français toujours aussi dégueulasses laissent par incivisme caractérisé ! La France est franchement pourrie ! Pas un endroit de réellement propre ! Les restaurants affichent des prix raisonnables. Les places de parking sont gratuites. La xénophobie contre les camping-car et camions aménagés est pratiquement inexistante et des toilettes propres sont gratuitement positionnées en des points de hautes fréquentations ; de plus, des douches sont aménagées sur les plages ! Que voulez-vous de mieux ?! Vous y croisez quotidiennement les policiers municipaux qui flânent, nonchalamment, le long de l'esplanade. Un verre de vin de gamme moyenne vous coûtera 2 euros dans un café. Par contre, les prix des fruits et légumes du marché, sont excessivement augmentés pour la saison, frôlant la folie des grandeurs. Photo Jean Canal.


Au chevet des montagnes cévenoles, dans un village confiné en fin de vallée, traversé par une rivière asséchée en été par les chaleurs oscillantes, le lieu ne connaît guère d'affluence, si ce n'est une manifestation musicale... Les gorges de l'Hérault y coulent un vallon adjacent. Les cultures maraîchères se diversifient avec la culture de l'oignon AOC (Appellation d'Origine Chimique) selon les avis des paysans bio du coin ! Jean Canal. 10 août 2018. Gange, la ville de Fabre d'Olivet, est le lien commercial entre les autres lieux de vie situés dans les montagnes. A suivre... Ayant changé de département, voulant me rapprocher des montagnes qui se dressent à une cinquantaine de kilomètres où je me trouve actuellement, je fis halte dans un bourg suffisamment connu par les touristes pour l'envahir chaque été pour le plus grand intérêt des commerçants toujours prêts à les accueillir, un demi-sourire forcé aux lèvres. Se trouve alors, au hasard d'une de mes flâneries matinales, un bouquiniste qui possède quelques trésors de lecture que les gens ne fréquentent point, par manque évident de culture ; jetant leur dévolu sur des auteurs contemporains versant dans la littérature populiste. Il s'agit, en effet, de faire la différence entre la cité et la ville quand celles-ci prirent forme dans l'antiquité en tenant compte des vertus fondamentales pour leur fondation ! La cité précédant la ville nous explique son auteur, cette dernière doit répondre à des critères moraux inscrits dans les valeurs pratiquées à cette époque fort reculée, je vous le concède. Evidemment, nous avons non seulement trahi cet état d'esprit, comme il se doit, mais qui pis est, nous ne nous sommes jamais approchés de ces valeurs : tout simplement parce que les nôtres sont basées sur l'économie et le pouvoir politique qui en découle ! A suivre. Merci de me lire. Jean Canal. 7 août 2018. Je vous ramène quelques livres achetés chez un bouquiniste/libraire dont la boutique est rencognée en un cul-de-sac urbain situé en bord de mer. Ledit avait été bouquiniste à Montolieu, dans l'Aude, le village du livre créé début 1990. C'est en 1994 que j'ai connu cet endroit où plusieurs bouquinistes à l'esprit philanthropique s'étaient installés. On y trouvait facilement tous les classiques et quelques rareté très recherchées des collectionneurs. Pour ma part, je faisais le plein de quelques livres indispensables à mes études de Lettres classiques. Les livres que j'ai trouvés complètent ma bibliothèque dans laquelle figurent mes classiques et quelques originalités relatives aux auteurs que j'ai lus et suivis durant des années. Lui demandant s'ils possédait des auteurs peu lus et que personne ne souhaite aborder, le libraire, un tantinet éclairé, répondit qu'il avait le titre que je réclamait ! Après avoir retourné ses rayons de long en large, il conclut une vente faite il y a longtemps. Je ne pus donc avoir dans les mains cet ouvrage décrié par la critique littéraire qui reprochait à son auteur un passé mouvementé et des idées subversives. Je repartis donc, à défaut d'être comblé par les livres que je ne trouve plus, un Fustel de Coulanges versé dans l'histoire antique. Ayant dévoré Bernanos, "Les grands cimetières sous la lune", je me suis donc plongé dans la lecture de deux ouvrages dont les auteurs naquirent au XIX° siècle. Bien à Vous. Jean Canal. 5 août 2018.


LA COMMÉMORATION DE LA CRISE IDENTITAIRE DE 68

Y'aurait-il des héritiers qui se revendiqueraient de cette révolution intellectuelle et bourgeoise ? L'exode urbain fut adopté tout de suite après cette mémorable manifestation d'idées : Ardèche, Lozère, Larzac et tout lieu libéré des contraintes sociales reçurent l'errance idéologique des manifestants de cette période. Les libertés revendiquées durant le temps de crise, sont-elles acquises, aujourd'hui ? Non, bien évidemment. Moins qu'hier et plus que demain, les libertés s'amenuisent et deviennent le contrôle de l'état de droit ! Jean Canal. 22 mars 2018. Jean Canal. A gauche 1971. L'avènement de Pompidou au pouvoir, après le départ du général De Gaulle, ouvrit les premières portes vers les libertés plurielles...toujours limitées ! L'ORTF change de visage et se développe dans des domaines culturels inattendus : la télévision de papa s'étiole et celle qui parle aux jeunes, en les tutoyant, crée des affinités révolutionnaires. POP 2 avec Patrice Blanfancard, permettait de côtoyer la POP musique en direct ! Le cannabis était local et ne s'achetait donc pas ! C'est sous le règne de sa majesté Valérie Giscard d'Esteing, en 1974, alors qu'un journaliste annonçait à la télé :"Pompidou est mort !" que le premier festival de POP musique naîtra, en 1975, à Orange ! Année quinquagénaire : 1968 dans le monde. Un vent de liberté avait soufflé sur Prague en ce printemps de 1968, avivant des idées nouvelles vers un socialisme libéral. Le rideau de fer se referma sur cet air de liberté avec l'entrée des chars soviétiques dans la capitale de la Tchécoslovaquie. Charnière du monde occidental qui cultivait la liberté au pluriel, Prague va émouvoir le monde et actionner le levier de la fin programmée de la dictature du prolétariat instaurée par Staline dont les exactions et les crimes seront révélés lors du prochain congrès qui suivra sa mort. Les soviétiques découvriront alors la face morne de leur empire. Cette atteinte portée à un peuple assigné au pacte de Varsovie, vit le rideau de fer tomber sur ses espoirs : ceux auxquels aspirait son peuple. 1968, c'est aussi le départ du général de Gaulle dont la politique ne convient plus à l'évolution anglo-saxonne de la France. L'influence des Etats-Unis dont on ne peut nier l'omniscience culturelle qui imprègne les français, découvrant la consommation, jouera un rôle majeur dans les libertés sociales qui virent le jour en ce printemps révolutionnaire. C'est l'occasion de se replonger dans les films de la nouvelle vague  avec Godard (la Chinoise) et Jean Eustache (la maman et la putain). Les reportages d'Agnès Varda (Sans toi ni loi) aux States et au Vietnam complètent la gamme "stupéfiante" des films chocs de cette époque (More) marquant ce dernier tiers de siècle chevauchant sur l'ancien monde et le moderne qui se dessine au jour le jour. Jean Canal. 7 janvier 2018. (photo Maton de gauche : Jean Canal en 1971...) L'herbe était une plante naturelle qui poussait en liberté...elle aussi ! Salut ! Héritier direct des hippies de 68, je n'ai pas suivi leurs traces afin de ne point finir encarté dans un parti opposé à mes idées ! Mon nouveau visage marqua une rupture définitive avec ces années "stupéfiantes !"(Photo de droite, Jean Canal 1977. Afrique Orientale.) A suivre.....................................................

Le Couronnement de la Littérature : "Le Buveur de Coquelicots." Jean Canal "Retour d'Exil."

   

Les femmes épurées dans l'Amour spirituel.

"Et l'amour pour soi-même étant resté seul dans cette grand âme capable d'un amour infini, cet amour propre s'est étendu et débordé dans le vide que l'amour de Dieu a laissé ; et ainsi il s'est aimé tout seul, et toutes choses pour soi, c'est-à-dire infiniment : voilà l'origine de l'amour propre." Pascal, les Pensées.

Voici l'extrait pertinent de Plotin, lequel révèle la beauté de la femme par laquelle se révèle la véritable beauté dont le philosophe donne le nom... Pour ceux qui ne sont pas Hellénistes, même le dictionnaire Grec/français ne viendra pas à bout de la traduction de ce passage. La partie soulignée intentionnellement suffit amplement à apporter le fond de la pensée ci-dessous développée.

Ἥξει γὰρ πρῶτον ἀναβαίνων ἐπὶ τὸν νοῦν κἀκεῖ πάντα εἴσεται καλὰ τὰ εἴδη καὶ φήσει τὸ κάλλος τοῦτο εἶναι, τὰς ἰδέας· πάντα γὰρ ταύταις καλά, τοῖς νοῦ γεννήμασι καὶ οὐσίας. Τὸ δὲ ἐπέκεινα τούτου τὴν τοῦ ἀγαθοῦ λέγομεν φύσιν προβεβλημένον τὸ καλὸν πρὸ αὐτῆς ἔχουσαν. Ὥστε ὁλοσχερεῖ μὲν λόγῳ τὸ πρῶτον καλόν· διαιρῶν δὲ τὰ νοητὰ τὸ μὲν νοητὸν καλὸν τὸν τῶν εἰδῶν φήσει τόπον, τὸ δ´ἀγαθὸν τὸ ἐπέκεινα καὶ πηγὴν καὶ ἀρχὴν τοῦ καλοῦ. Ἢ ἐν τῷ αὐτῷ τἀγαθὸν καὶ καλὸν πρῶτον θήσεται· πλὴν ἐκεῖ τὸ καλόν.

Et l'on peut oser la comparaison avec l'analyse de Kandinsky sur l'art, lorsque le beau doit naître d'un esthétisme intellectuel proche de l'esprit !                                                                                         Jean Canal 14 juin 2011.


Les femmes seules sont-elles abandonnées des hommes ? Désirant obtenir une complète indépendance, elles se sont volontairement séparées de cette entité qui constitue leur moitié : l'homme ! Ces femmes proches de la quarantaine et parfois plus qui vivent seules avec ou sans enfant sont elles réellement heureuses ? La réponse est sans appel : Non ! Quand bien même afficheraient-elles une superbe à l'encontre de la masculinité, elles souffrent, dans les profondeurs de leur intimité ; car le bonheur habite leur imaginaire. Elles y ont cru et se laissent docilement convaincre qu'il existe toujours, quelque part. L'être en parfaite adéquation avec les sensibilités féminines végète bien à l'endroit où elle ne l'attendent pas ; c'est toute la difficulté des rencontres : tomber sur la personne qui serait à même de me comprendre, m'aimer et surtout être présent quand j'ai besoin de Lui !

"Je veux vivre une histoire d'amour, plutôt que me retrouver dans un lit avec quelqu'un qui ne m'apporterait que du sexe, explique X. Les hommes, je connais ! Je veux du vrai, du pur, du beau !"

Elles espèrent tout de même rencontrer l'âme sœur, l'homme qui enfin les rendrait heureuses ; car le bonheur reste ce à quoi elles aspirent le plus.

C'est fréquent, chez ces femmes émancipées qui n'ont plus rien à attendre des hommes qui ne soient déjà connus d'elles. Dans le fond, la société ayant accentué la désolation des relations, ces femmes aspirent à rencontrer un  seul amour où les sentiments primeraient sur des sensations éphémères. Néanmoins, très autonomes et indépendantes, elles cultivent une ambivalence sentimentale qui déstabilise psychologiquement leur équilibre. C'est le mal de ce début de siècle ; et pendant cette perte de temps, les années passent inéluctablement et elles vieillissent. Conscientes du mal irréversible qui amenuise leur beauté, elles éprouvent un ressenti profond d'échec que la vie leur révèle, au fil des expériences infructueuses de leur sexualité épanouie. Jean Canal, réflexion sur une rencontre féminine. Revu le 21/09/2011.

Le pathétique en amour. Les femmes sont des curiosités esthétiques. Des êtres enclins à la versatilité, voire imprévisibles dans leur comportement indécis ! Elles présentent toutes les caractéristiques recherchées par la masculinité qui ne peut en déterminer le caractère ! Ne sachant exprimer leur sensibilité, les femmes sont indifférentes à la douleur des hommes ! Aussi abrupte qu'elle pourrait paraître cette affirmation ne se veut pas provocante, mais, hélas ! réaliste en certitude... Ce qui ne leur enlève rien à l'amour qu'elles savent prodiguer, à la mesure de leur propension sentimentale. Ces êtres étranges qui expriment leur amour sans en donner de raison signifiée, raison que seul le cœur connaît, sont "réglés" sur l'intuition, subodorant le spécimen à apprivoiser. Elles présentent même des aspects curieux... intéressants d'ailleurs pour l'homme, ainsi avantagé : phénomène qu'il serait vain d'essayer de comprendre. Elles sont le plus souvent animées par une intériorité variante qui les incite à prendre des décisions inattendues pour les hommes ! On en a vu être en prise avec des spéculations imaginatives informulées dans leur désir d'amour. Complètement différentes des hommes, elles les veulent auprès d'elles comme une curiosité esthétique... Jean Canal 6 juin 2011.

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La dernière image de Rimbaud

L'altérité de l'être

RIMBAUD EST MORT et c'est tant mieux ! "Le matin, j'emboîtais le pas vers le centre de la ville, conduit par un itinéraire emprunté depuis trop longtemps pour que je le perdisse de mes vieilles et surannées habitudes. Je savais où il fallait passer pour ne pas s'écarter du décors des ruelles encore intactes ; des rues restées anciennes et des bâtiments tels que je les avais connus. Il était pratiquement impossible de ne pas me souvenir de ce qui avait été vécu en tel lieu !  Le Pont Saint-Pierre franchit par ma famille et tous ces descendants depuis le XIX° siècle (je sais, ce n'est pas si vieux que cela) ; l'ancienne manufacture de tabac transformée en centre d'étude commerciale, où, jadis mes tantes travaillèrent. Le restaurant où papa débuta, Place des Puits clos et où il donna son premier rendez-vous, un matin, à sa jolie future femme dont les yeux bleus ont été hérités par quelques filles de ma famille. La rue de la Colombette où habitait mon oncle, le frère de maman ; tout en haut de la rue, en remontant vers le canal du midi, dans le dernier pas de porte, à gauche. Le cinéma des Nouveautés où j'allais voir quelques films. Le Père Léon où ma grand-mère allait boire son quinquina, le dimanche après sa séance de cinéma, Place Esquirol. La rue Pargaminière où je hélais les filles de l'institut catholique qui se mettaient à la fenêtre pour attendre mon passage, en fin de journée. Toulouse m'était devenu tellement familier que je ne lui trouvais plus rien d'exceptionnel ! La dernière séance de cinéma que j'avais faite en compagnie de maman et de Marie, se déroula au Rex. On y jouait "Les enfants du paradis." C'est vous dire si maman était heureuse que je l'accompagne au cinéma : son cinéma. Quand elle était jeune fille, après la guerre, elle allait danser aux Américains ; descendant de la Lande à bicyclette avec ses copines, les chaussures à talon autour du coup pour pouvoir pédaler... Et maintenant quand je traverse la Place du Capitole, je ne m'y arrête qu'à de grandes occasions ; depuis la disparition de Mon Caf que les toulousains ont fréquenté, je n'ai plus rien à faire en cet endroit, si ce n'est qu'y passer. La rue du Taur où j'ai passé les plus belles années de ma vie avec les étudiantes, a perdu de son authenticité avec la disparition des bouquinistes, de troquets et d'endroits où s'asseoir en rêvassant. Je ne traverse plus la rue du Sénéchal où j'avais élu domicile ; les filles sont parties et mes souvenirs avec elles. Je ne vais plus boire ma noisette rue de la Concorde, au café qui porte son nom et je ne me rends plus le dimanche au marché de Saint-Aubin !  Il me reste désormais les souvenirs pour toute nourriture sentimentale. D'ailleurs, à puiser régulièrement dans cette source intarissable, je suis rassasié de scènes magnifiques, de moments émotifs dans lesquels je revois distinctement des visages qui n'ont rien perdu de la beauté de jadis. 
« Ma vie est passée. » Arthur Rimbaud.                                                                                     Jean canal. à suivre...
 "J'irai sous la terre, et toi, tu marcheras dans le soleil." Lettre de Isabelle Rimbaud à sa mère. 1891. Hôpital de la Conception, Marseille. C'est au chevet de son frère qu'elle recueillit ce témoignage du poète mourant. On y revient encore et toujours d'autant plus quand on est allé sur ses traces, là-bas ; alors que plus d'un quart de siècle s'est enfui à jamais, ne laissant pour toute mémoire celle que les autres nous ont laissée. "Une Saison en Enfer" est le modèle par excellence de l'autobiographie prémonitoire d'Arthur Rimbaud, ayant proprement vécu son destin, inconsciemment. Il faut se reporter plus précisément à son séjour au Harar, ce 13 décembre 1880. C'est ici que commence son histoire en terre inconnue, au milieu des autochtones abyssins, loin de la civilisation occidentale dont la présence fut incarnée par son seul personnage. Rimbaud, ce n'est pas que la poésie. C'est l'oeuvre d'une vie hors du commun conduite par le génie de sa précocité. Rimbaud ne meurt pas. A chaque génération, une jeunesse l'exhume du passé pour une seconde vie.  Avant lui, son maître en quelque sorte d'un point de vue poétique, Charles Baudelaire traça les lois de l'écriture moderne que Lautréamont, alias Isidore Ducasse, compléta en parallèle d'Arthur Rimbaud, ce qui plus tard deviendra l'écriture automatique de la pensée des surréalistes. Depuis la mort physique du poète, les gloses n'ont pas manqué ainsi que les biographies, les thèses et mémoires se sont succédé et se succèdent encore jusqu'à en épuiser le contenu de cette écriture inégalée jusqu'alors. Chacun y est allé de son interprétation : "l'Homme aux semelles de vent" que dessinait de La Haye, son camarade de Collège, a subjugué tous ceux qui l'ont connu et ceux qui le côtoient encore. Rimbaud imprègne l'esprit juvénile ; il le détourne de propensions littéraires probes pour libérer cet esprit indécis afin de l'inviter à suivre un chemin hors des sentiers battus vers un choix de vie inespérée. lettre dite du Voyant qui révéla aux dadaïste puis aux surréalistes une vision nouvelle de la modernité.  Jean Canal.

 

"Le vieux monde tarde à mourir emportant avec lui, dans la sépulture de la postérité, des années de gloires, de conquêtes intellectuelles et de reconnaissance spirituelle. Jean Canal. Lire la suite. La voix de l'étude intellectuelle au service de la collectivité sociale. Le principe du savoir est d'émanciper les êtres afin de les rendre libre et donc conscient de l'identité de l'autre... Jean Canal. La Revue mensuelle des Deux Mondes, fondée en 1829 présente un dossier sur Ernest Renan. Il serait inutile de présenter ce haut personnage de l'intellectualisme français qui a contribué au développement de la pensée collective en traitant des sujets vastes et variés sur des thèmes qui, en son époque, ne connaissaient point de polémiques comme aujourd'hui, avec la religion et sa pratique dévoyée. Jean Canal. Dans les organes de presses de référence qui ne peuvent souffrir d'analyses approximatives qui seraient réalisées à la hâte dans le but de répondre rapidement à l'attente des médias, certains, parmi les plus intellectualisés, comme La Revue des deux mondes, deviennent l'incontournable lecture régulière que les rédacteurs se doivent de consulter afin d'élaborer une éventuelle critique digne du sujet traité en des circonstances conjoncturelles déterminantes pour le pays ; en l'occurrence la France !Lire l'article.         Jean Canal. 24 Juin 2017. Lire la suite de l'article, ici.